LA CHRONIQUE DE DOUGLAS KENNEDY - Dieu en Amérique, le retour des cathos
Par Douglas Kennedy, écrivain
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La chronique de Douglas Kennedy.
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Dieu tout-puissant a créé l'esprit libre » est une phrase étrangement ambiguë que l'on doit à Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, qui fut débattue, rédigée et adoptée à Philadelphie en 1776. Jefferson était un homme plein de contradictions : planteur esclavagiste de Virginie, intellectuel d'une très grande culture (bien entendu, il parlait couramment français), fortement influencé par Rousseau.
Comme d'autres personnages clés de la révolution américaine - George Washington, Benjamin Franklin, James Madison -, Jefferson (qui deviendra par la suite le troisième président des États-Unis) était un adepte du déisme, une école de pensée dans laquelle la foi se fonde sur la raison et non sur une quelconque révélation divine... et qui rejette toutes les orthodoxies chrétiennes.
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En somme, la philosophie sous-jacente de la révolution américaine était résolument laïque. Car Jefferson et ses collègues déistes avaient compris que les origines du pays étaient profondément théocratiques. Même si tous les petits Américains (dont votre serviteur) apprennent à l'école que les « Pères pèlerins » qui débarquèrent en 1620 dans ce qui allait devenir la colonie de la baie du Massachusetts fuyaient les persécutions religieuses, il s'agissait en fait de puritains fanatiques. La première colonie qu'ils fondèrent dans ce Nouveau Monde était un régime ecclésiastique brutal où quiconque critiquait sa ligne intransigeante se voyait sévèrement puni. On pourrait donc dire que ces puritains américains étaient (par leurs pratiques théocratiques) des précurseurs des talibans.
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