LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment analysez-vous la volatilité actuelle sur les marchés actions ?
NICOLAS CHAPUT — Nous assistons, depuis quelques années, à des variations de plus en plus importantes de la volatilité des performances des actions et des fonds actions. Depuis la sortie de la pandémie, il ne se passe pas un an, six mois, sans que de nouvelles perturbations majeures apparaissent, qu’elles soient de nature géopolitique, macroéconomique ou technologique. Comme s’il y avait une accélération des crises et des ruptures. Si nous devions résumer en un mot ce nouvel environnement, ce serait l’instabilité ! C’est un changement de paradigme pour les gérants. Nous avons connu une longue période de paix, de taux bas, de faible inflation et de globalisation de l’économie mondiale.
Cette relative stabilité était plus propice aux biais de gestion affirmés, comme, par exemple, le style « croissance » Aujourd’hui, l’affrontement entre les États-Unis et la Chine, les ambitions impériales de la Russie, l’embrasement au Moyen-Orient, la solitude de l’Europe, la remise en cause des chaînes de valeur et d’approvisionnement, les révolutions technologiques et les enjeux des transitions climatiques, tous ces éléments perturbateurs compliquent non seulement la lecture de la macroéconomie, mais rendent également les biais de gestion - comme les styles « croissance », « value », « momentum » ou « volatilité » - moins évidents sur la durée. Cette instabilité, devenue structurelle, nécessite davantage de flexibilité dans la gestion, et une capacité à passer à tout moment d’un style à un autre.