DÉCRYPTAGE. Les fonds répliquant des indices boursiers sont accusés de concentrer les flux de capitaux sur les plus grosses entreprises du monde. Un mécanisme qui pourrait amener à une bulle spéculative et qui menace les Bourses mondiales.La Bourse américaine a dominé le monde en 2024. L'indice S&P 500, qui rassemble les plus grandes entreprises cotées des États-Unis a ainsi flambé de 25,1% sur l'année. À titre de comparaison, son équivalent européen l'Euro stoxx 500 n'a augmenté que de 8,3% sur la même période.
Une surperformance qui bénéficie aux ETF (Exchange Traded-Fund). Pour rappel, ces fonds répliquent des indices et gagnent en popularité auprès des investisseurs du monde entier. Sur les 13.000 milliards de dollars d'encours réunis dans ces fonds, 9.000 milliards sont alloués aux États-Unis, selon JP Morgan. Plus la Bourse américaine monte, plus les ETF sur le S&P 500 sont demandés... et font encore grossir Wall Street. Un cercle vertueux pour le pays de l'Oncle Sam qui se répète depuis plusieurs années. Or, le phénomène commence à inquiéter.
Dans sa dernière étude annuelle sur la stabilité des marchés financiers, la Banque centrale européenne juge que les ETF risquent d'« accroître la concentration du marché des actions ».
Une concentration des capitaux vers les 7 magnifiques
Une poignée de sociétés fait déjà la pluie et le beau temps sur les Bourses mondiales. Selon une étude de BNP Paribas parue en 2024, « les "7 Magnifiques" (Apple, Microsoft, Amazon, Meta, Alphabet, Tesla et Nvidia) représentent près de 36% de l'indice S&P 500 et près de 23% de l'indice MSCI World (qui concentre les 1.600 plus grandes sociétés mondiales, NDLR) ». Un poids colossal, lié à la très bonne rentabilité des géants de la tech et aux montagnes d'investissements allouées à l'intelligence artificielle ces dernières années.