L’astéroïde (345871) 2007 QR6 – Xu Guangxian – dérive en ce moment. À 213 millions de kilomètres de la Terre. Il porte le nom du chimiste considéré comme le père de la filière chinoise des terres rares. Au début des années 1980, ses travaux ont inspiré une politique industrielle que Pékin s’est empressé de transformer en atout stratégique : « Le Moyen-Orient a le pétrole, au XXIe siècle la Chine aura les terres rares », résumera Deng Xiaoping.
Trente ans plus tard, le pari est réussi, en attestent les déclarations de Pékin de ce jeudi 9 octobre. Le ministère chinois du Commerce a annoncé que cinq éléments supplémentaires de terres rares feront l’objet de contrôles à l’exportation. Désormais, les produits ou technologies contenant plus de 0,1 % de ces éléments ne pourront plus être exportés librement : une licence délivrée par Pékin sera obligatoire. Les clients liés au secteur de la défense en seront automatiquement exclus.
Plus inquiétant encore pour les industriels occidentaux, cette règle s’appliquera de manière extraterritoriale à des biens déjà hors de Chine. « Si la France veut vendre un avion aux Pays-Bas, et que cet avion est composé à plus de 0,1 % de produits visés, le constructeur français devrait théoriquement demander une licence d’exportation au ministère du Commerce chinois pour exporter son produit », résume la chercheuse en sciences politique Camille Brugier.