Mardi 21 avril, Philippe Juvin s’est rendu au comité d’alerte des finances publiques à Bercy. Mais le député des Républicains (LR), rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, est resté sur sa faim. Le gouvernement a certes confirmé qu’il envisageait de réaliser 6 milliards d’euros d’économies – 4 milliards sur l’État et 2 milliards sur la Sécurité sociale – pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, mais il n’a rien dit sur la manière d’y parvenir. Un silence qui a fait réagir jusqu’au Haut Conseil des finances publiques (HCFP), un organisme indépendant placé auprès de la Cour des comptes.
Après l’éprouvante discussion parlementaire cet automne qui a abouti à l’adoption aux forceps du budget 2026, la crise iranienne est venue complexifier la situation financière de l’Hexagone. Alors qu’elle paraissait facilement atteignable il y a un mois, l’objectif de déficit à 5 % du PIB cette année semble désormais plus lointain. Et le projet de loi de finances pour 2027 sur lequel travaille Bercy pourrait être un texte plus technique que politique à quelques mois de la présidentielle. « Si le prochain budget n’ouvre aucun chantier de rétablissement des comptes publics, on va perdre beaucoup de temps », soupire Philippe Juvin.
Parce qu’il veut « rendre service » au futur candidat de la droite et du centre, celui qui a été nommé professeur de médecine à 39 ans travaille à plusieurs propositions, essentielles à ses yeux, pour l’avenir du pays. Elles concernent le pouvoir d’achat, la retraite, la fonction publique et les collectivités territoriales. « Si on ne fait rien, ce sera l’apoptose, c’est-à-dire la mort programmée », prévient le médecin urgentiste. Dit autrement, le grand déclassement du pays et l’appauvrissement des Français.