En dix ans à l’Élysée, Emmanuel Macron aura connu deux finales de Coupe du monde, dont une gagnée, et les Jeux olympiques à Paris. Chaque fois avec une grande implication.C’est rare mais, parfois, le protocole présidentiel s’égare. Voilà comment, ce lundi 16 juillet 2018 au soir, Emmanuel Macron se retrouve seul avec le trophée de la Coupe du monde dans son bureau. Quelques instants plus tôt, le chef de l’État recevait les valeureux Bleus, décrocheurs d’une deuxième étoile la veille à Moscou. Les joueurs sont repartis, l’objet est toujours là. « Ils ont laissé la coupe ici. J’en fais quoi ? » demande le président à ses conseillers, dans un improbable moment de flottement.
Vingt ans après le premier sacre de l’équipe de France, Emmanuel Macron goûte à ce qu’avait connu avant lui Jacques Chirac : une union sacrée du pays derrière une équipe qui a mis tout le monde d’accord. Les exploits de Kylian Mbappé, comme ceux de Zinédine Zidane 20 ans plus tôt, ont mis les débats politiques en sourdine. Tout le monde est fier d’être français. Un président peut-il rêver mieux ?
Pour son dernier été à l’Élysée, Emmanuel Macron espérait revivre ce triomphe. Malheureusement, les Bleus ont échoué en demi-finale contre l’Espagne. Cette fois, le président ne s’est pas déplacé à New York pour la finale, contrairement à 2018, où il était à Moscou pour la victoire face à la Croatie, et à 2022, où il était à Doha pour la défaite face à l’Argentine.
Lors de ces deux matchs, le président avait détonné par son implication. En Russie, il bondit, les bras en l’air, dans la tribune officielle pour célébrer le premier but d’Antoine Griezmann. À deux sièges de lui, Vladimir Poutine reste impassible. Au Qatar, il déboule sur le terrain pour réconforter un Kylian Mbappé inconsolable après l’échec des Bleus face à la bande de Lionel Messi. Le chef de l’État lui parle, l’enlace, lui touche la tête sans que le joueur ne semble sensible à ces marques d’affection. Trente très longues secondes en mondovision.