À 19 ans, Paul Seixas a découvert la ferveur du Tour de France. Entre popularité fulgurante, pression médiatique intense et un caractère bien trempé, le jeune prodige a vécu une première Grande Boucle riche en émotions.Depuis le Grand Départ à Barcelone, Paul Seixas a pris le pouls de sa popularité. Timide en Catalogne, car le talent de « l’élu » n’a pas encore complètement franchi les frontières. Phénoménale en France, où le public est persuadé d’avoir trouvé un successeur à Bernard Hinault. Pour le protéger, l’équipe Decathlon-CMA CGM a mis en place un dispositif strict. Barrières matin et soir pour le laisser respirer. Photos avec le public proscrites. Temps limité pour les autographes.
« Un par personne, s’il vous plaît », entend-on au bus avant le départ de l’étape. Avec un crayon désinfecté par son staff pour éviter les microbes. Des détails futiles qui, dit-on en interne, ont fait la différence alors que le Français, à 19 ans, s’apprête à boucler son premier Tour de France parmi les cadors.
Paul Seixas a aussi découvert la pression médiatique générée par la Grande Boucle. De la horde de photographes qui l’entoure à l’arrivée aux dizaines de micros présents pour chacune des (rares) interviews qu’il a données. Le leader de la Decathlon-CMA CGM a peu parlé au départ, car il préfère se concentrer sur l’étape ; rapidement à l’arrivée, car il doit récupérer. « Pas trop longue, l’interview, faut qu’on aille sur l’home-trainer », a-t-il même soufflé à son coéquipier Matthew Riccitello après une étape de montagne.
Un mutisme qui a souvent crispé les journalistes, frustrés qu’un coureur de son âge ne prenne pas cinq minutes pour s’arrêter en zone d’interview alors que Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard ou Remco Evenepoel ont toujours fait le travail.