Comme s’il s’agissait d’un territoire conquis, le drapeau français a flotté au-dessus du Tagor. Immobilisé dans la baie de Douarnenez jusqu’au 2 juillet, le navire de 252 mètres de long, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, a été arraisonné puis détourné par la marine française. Elle plantait ses couleurs au-dessus de la passerelle le 31 mai. Le lendemain, c’est sur X qu’Emmanuel Macron a rendu publique l’opération : « Cette intervention a été effectuée en Atlantique, en haute mer, avec le soutien de plusieurs partenaires dont le Royaume-Uni, dans le strict respect du droit de la mer. »
Depuis septembre 2025, cinq bateaux appartenant à cette flotte de plus d’un millier de pétroliers, qui font le plein dans les ports du nord de la Russie avant d’aller vendre leur cargaison en Inde ou en Chine, ont été arrêtés par l’armée française. Selon nos informations, un arraisonnement du Tagor avait déjà été prévu en Méditerranée au début de cette année. L’opération avait finalement été abandonnée, les conditions climatiques nécessaires à une telle opération n’étant pas réunies. Le navire avait ainsi pu continuer ses livraisons de pétrole à travers le monde. Le 2 mai, le Tagor, alors sous pavillon malgache, est parti du port de Mourmansk. Direction celui de Limbé, au Cameroun.