Aux origines de MeToo (3/3) : Juger Harvey Weinstein
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Retrouvez le dernier épisode de notre série sur les origines de MeToo.
LTD / Laura Acquaviva
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« J’ai induit ces femmes en erreur. […] Mais je ne les ai pas agressées. […] Je serai innocenté. Je vous le promets » : en janvier, Harvey Weinstein acceptait de répondre aux questions du rédacteur en chef de la revue The Hollywood Reporter. Amaigri et invalide, vêtu de la tenue jaune des prisonniers de la prison de Rikers Island, sur une minuscule île de l’État de New York, l’ex-magnat a eu l’autorisation de recevoir le journaliste pendant une heure, en présence de son attaché de presse et de responsables pénitentiaires. À la lecture de cet entretien il paraît évident que l’homme de 74 ans, malade et diminué physiquement, n’a rien perdu de sa vivacité intellectuelle ni de sa capacité à nier sa culpabilité et les souffrances endurées par les femmes qui l’accusent – plus de 80.
Harvey Weinstein vit, depuis sa première condamnation il y a six ans, entre les murs de sa cellule et ceux des tribunaux. Les poursuites judiciaires engagées contre lui en 2018, date à laquelle il est inculpé pour viols et agressions sexuelles, courent toujours, et son équipe d’avocats n’a pas épuisé les recours prévus par le droit pénal américain. Le roi déchu du blockbuster hollywoodien tente, à chaque audience, de renverser l’accusation et de provoquer un coup de théâtre pour convaincre les jurés.
En 2019, un mois avant l’ouverture du premier procès, Weinstein signe un ensemble d’accords d’indemnisation financière avec des dizaines de femmes, pour éviter qu’elles l’attaquent au civil. Selon le New York Times et le Wall Street Journal, 6 millions de dollars auraient été versés aux 18 femmes l’ayant personnellement attaqué en justice, tandis que 19 millions auraient permis la création d’un fonds d’indemnisations général au bénéfice des autres accusatrices.