Le mandat de PDG se transformerait-il de plus en plus en un CDD ? Autrefois synonyme de longévité au sommet, le rôle de dirigeant se traduit de plus en plus par des missions raccourcies. Voire très brèves, entraînant dans leur sillage des successions imprévues et une instabilité croissante au sein de l’exécutif des grands groupes comme des ETI. Cette évolution se constate dans toutes les régions du monde, de l’Inde aux États-Unis et bien sûr en Europe. Et la tendance s’accélère.
L’année 2024 avait déjà établi un record en matière de changements à la tête des sociétés, avec aux États-Unis près de 400 patrons de très grands groupes partis prématurément – remerciés ou démissionnaires. Soit une hausse de 20 % par rapport à la moyenne enregistrée lors des huit années précédentes, selon une étude du cabinet spécialisé Challenger, Gray & Christmas. D’autres enquêtes, menées au sein d’un échantillon plus large, recensent près de 2.000 PDG ayant quitté leurs fonctions avant le terme prévu outre-Atlantique l’an dernier.
En 2025, le phénomène s’est encore accentué, notamment en Allemagne, avec les départs imprévus d’une dizaine de chefs d’entreprises cotées au DAX (l’indice de référence de la Bourse de Francfort). Mais en Europe, c’est en France et en Italie que la volatilité a été le plus soutenue. Sans surprise, la durée moyenne des mandats diminue au même rythme, avec une hausse de 80 % du nombre de dirigeants étant restés en poste moins de trois ans, là où huit ans aux commandes constituaient la norme jusqu’en 2010.