Les grèves chez Lufthansa, une opportunité pour Air France ? C’est ce que semble penser Ben Smith, DG d’Air France-KLM, qui veut pousser son avantage alors que les deux compagnies sont concurrentes pour la reprise de TAP Portugal, l’une des dernières pièces maîtresses du transport aérien européen. Car le climat social au sein de l’opérateur allemand en pleine réorganisation inquiète au plus haut point le syndicat des pilotes portugais, le Spac.
Ben Smith compte bien, dans cette bataille sans concessions, faire de son bilan en matière sociale un argument décisif, comme il l’a confié à La Tribune Dimanche. « À mon arrivée en 2018, ma priorité a été d’apaiser le climat social et d’établir un niveau de confiance avec les salariés qui n’existait pas au sein de l’entreprise, rappelle le dirigeant. Les années précédentes avaient été marquées par de nombreux mouvements de grève qui avaient fait perdre 1 milliard d’euros à la compagnie. »
Depuis son arrivée à la tête d’Air France-KLM, Ben Smith peut en effet s’enorgueillir de n’avoir eu à affronter aucune contestation collective d’ampleur. « Il a clairement ramené la paix sociale », soutient un bon connaisseur des enjeux sociaux de la compagnie aérienne. Sa méthode ? « Ben Smith a une vraie connaissance des différents métiers, il est allé à la rencontre des personnels navigants et il a une légitimité industrielle », résume Tristan Thiebaut, associé chargé du transport aérien au sein du cabinet Archery Strategy Consulting.