Suzane sur le MeToo dans l'industrie musicale : « On a libéré la parole, mais est-ce que vous nous entendez ? »
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La chanteuse a été récompensée par une Victoire de la musique en 2020.
LTD/Romain Garcin
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La chanteuse a été récompensée par une Victoire de la musique en 2020.
LTD/Romain Garcin
Elle arrive dans un troquet parisien en tenue de footballeuse. Sur son maillot, le mot « Virile » rappelle le titre de son manifeste qui dynamite avec brio les clichés sexistes. « Je suis dans le thème Coupe du monde », sourit Suzane en ce caniculaire début juillet. Une fois l’interview terminée, elle filera non pas au stade pour une partie de foot, mais en studio pour enregistrer « des titres qui sortiront peut-être dans quelques mois », confie la chanteuse stakhanoviste au style unique mêlant électro pointue, chanson réaliste et rap.
C’est peu dire que 2026 aura été une année riche en émotions pour Suzane. Dans la foulée de son excellent troisième album, Millenium, elle s’est offert sa première tournée des Zéniths à guichets fermés. En juin, on l’a aussi vu chanter Je t’accuse devant le ministère de la Justice. Son brûlot adressé à une justice coupable d’incurie face aux violences sexuelles est devenu l’hymne des manifestations provoquées par l’affaire Lyhanna. Rencontre avec une artiste sur tous les fronts.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment se passe cette tournée ?
SUZANE — C’est la plus intense de ma carrière. Je vis des moments très forts, avec beaucoup de cardio et d’adrénaline. Je sue au niveau du corps, mais aussi au niveau des émotions. Sur mon dernier album, j’ai des chansons assez lourdes à porter mais qui me font me sentir plus légère quand je sors de scène. Là, je suis en pleine tournée des festivals d’été, et quand je vois des gamines et même des gamins reprendre Je t’accuse ou Virile sur les épaules de leurs parents, je me dis que le message passe.