La chronique de Marc Fiorentino. Les robots vont nous remplacer

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Le débat sur les conséquences sur l’emploi de l’intelligence artificielle fait rage. Il a été relancé cette semaine avec des chiffres sur l’impact de l’IA sur les embauches de diplômés aux États-Unis et au Royaume-Uni et les déclarations de dirigeants de grandes entreprises américaines.
Conséquences sur l’emploi, et donc conséquences sur la productivité, sur la profitabilité des entreprises et sur la croissance.
Commençons par l’embauche des diplômés. Le Financial Times utilise un terme sans appel : la « jobpocalypse ». Rien que ça. Les embauches à la sortie d’université seraient en chute libre. Une baisse de plus de 30 %, avec des métiers comme la comptabilité ou le juridique particulièrement affectés. L’IA remplacerait déjà les nouveaux entrants. Massivement.
Les entreprises privilégient les profils « expérimentés », donc avec trois ou quatre ans minimum d’expérience. Elles se battent même, surtout dans la finance, les banques d’affaires ou le trading, pour les « stars ». Des salariés de plus de dix ans d’expérience ayant des résultats hors norme. Que les entreprises sont prêtes à payer plusieurs millions ou dizaines de millions de dollars.
Certaines de ces stars commencent même à embaucher des agents chargés d’optimiser leur carrière, comme les agents de footballeur ou d’acteur. Moins d’employés donc, moins ou pas de débutants, mais des employés nettement mieux payés. Petit problème : si on veut avoir des salariés expérimentés, et si on veut renouveler le pool de personnes expérimentées, il va tout de même falloir leur permettre de gagner en expérience et donc employer des débutants si les entreprises ne veulent pas se retrouver avec des viviers vides…
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Le patron de Walmart, le plus gros employé privé des États-Unis avec 2,1 millions de salariés, annonce quant à lui qu’il prévoit que son chiffre d’affaires va continuer à fortement progresser dans les années qui viennent, mais qu’il pourra atteindre ses objectifs de revenus sans augmenter son nombre de salariés… Il envisage même de se séparer des salariés qui ne sont pas « IA compatibles ». Robots IA mais aussi robots dans les entrepôts. Une conséquence majeure sur l’emploi et une conséquence majeure sur la profitabilité, qui progressera significativement.
Le patron de Ford va plus loin : il pense que la moitié des jobs de cols blancs vont disparaître. Et contrairement aux autres révolutions technologiques, ces emplois qui disparaîtront ne seront pas remplacés par des nouveaux emplois. De nombreux patrons de grands groupes vont dans ce sens : pour l’instant, pour ne pas causer de remous, ils déclarent qu’ils embaucheront moins, mais on perçoit déjà qu’ils iront plus loin et diminueront le nombre d’emplois dans leurs sociétés.
Une très mauvaise nouvelle pour l’emploi et donc pour la consommation des ménages, mais une très bonne pour la productivité et la rentabilité des entreprises. Une explication peut-être, au-delà de l’impact direct sur les acteurs de l’IA comme Nvidia ou Microsoft, de l’enchaînement de records des indices boursiers.
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Les pouvoirs publics ne se sont pas encore intéressés au sujet et c’est étonnant car, si les prédictions se révèlent exactes, il faudra trouver un autre moyen de financer les modèles sociaux. Heureusement que tout cela se produit à un moment où la démographie va réduire drastiquement les populations actives. Et donc, potentiellement, le nombre de personnes affectées par le développement fulgurant de l’IA. Le monde de l’emploi de demain ne ressemblera pas à celui d’aujourd’hui. Sommes-nous prêts pour cette mutation ? La réponse est non.
➡️ Retrouvez Marc Fiorentino chaque vendredi de 20 h à 21 h sur BFM Business