La chronique de Marc Fiorentino. Le dollar est dans votre vie

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Le cours du dollar a un impact direct sur votre argent. Sur votre pouvoir d’achat, sur vos dépenses et sur vos placements. Et depuis le début d’année, cette devise est sous pression. Elle baisse de plus de 12 %. Un mouvement très significatif. On est certes très loin encore du cours de 1,60 dollar que l’euro avait atteint en 2008, mais une valeur autour de 1,18 dollar change les équilibres économiques et financiers.
Essayons tout d’abord de comprendre les raisons d’un tel affaiblissement. Elles sont multiples. Il y a tout d’abord une volonté politique de Trump de faire baisser le dollar. Avec un raisonnement simple, voire simpliste : si le dollar baisse, les exportations américaines seront plus compétitives et la balance commerciale américaine, largement déficitaire, s’améliorera. Ce raisonnement a ses limites car le niveau des exportations ne dépend pas seulement du cours des devises et, d’autre part, cette baisse renchérit fortement le coût des importations américaines.
Ce mouvement s’explique également du fait des perspectives de baisses de taux aux États-Unis. La Fed en a lancé un nouveau cycle en septembre, et celles-ci vont s’accélérer dès mai 2026 avec la nomination d’un nouveau patron de la banque centrale proche de Trump. La monnaie américaine est aussi sous pression du fait du dérapage de la dette nationale et du maintien d’un déficit budgétaire élevé. Les grandes maisons d’investissement américaines anticipent une amplification de la baisse avec des objectifs de cours pour l’euro compris entre 1,25 et 1,35 dollar.
Les mouvements sur le dollar ont un fort impact sur votre vie quotidienne et sur votre argent. Plus que vous l’imaginez. Un exemple évident : le coût de l’essence. Les cours du pétrole, comme ceux des principales matières premières, sont libellés en dollars. Notre facture d’importations énergétiques s’est allégée de près de 20 % cette année si on combine la baisse des cours de l’énergie et celles du dollar. Et une partie des biens que nous consommons sont fabriqués à l’étranger et donc libellés en dollar. L’impact sur votre pouvoir d’achat est direct.
Pour vos placements, l’effet est plus indirect mais tout aussi important. Le dollar a un impact sur la Bourse. Américaine évidemment mais également européenne puisqu’il affecte le chiffre d’affaires et le résultat des entreprises exportatrices ou opérant en dehors de l’Europe. Il a un impact sur les taux d’intérêt américains et donc mondiaux : un dollar faible peut alimenter l’inflation et peser sur la confiance des investisseurs, ce qui provoque une hausse des taux. Un euro fort contre le dollar permet cependant de faire baisser notre inflation importée, une bonne nouvelle pour nos taux européens.
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Bref, le dollar est encore partout, malgré tous les efforts de « dédollarisation ». Il fait partie intégrante de votre vie quotidienne et de la gestion de vos placements. Comment réagir à la baisse du dollar pour ces derniers ? Si vous faites confiance aux prévisionnistes qui prédisent une continuation de la baisse, il faut rééquilibrer votre portefeuille vers des actions et des obligations – d’État ou d’entreprises – européennes. Vous avez aussi la possibilité d’investir dans des fonds indiciels, des ETF, qui sont couverts contre le risque de change. La baisse du dollar est favorable à votre pouvoir d’achat mais moins bénéfique pour vos placements. On ne peut pas tout avoir !