LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel bilan tirez-vous de la réforme des régions, dix ans après ?
RENAUD MUSELIER — Cette réforme n'a pas été facile à mettre en place et à organiser. Pas forcément pour les régions comme Provence-Alpes-Côte d’Azur qui n’ont pas changé de taille, mais davantage pour celles qui ont fusionné. Ces fusions de régions devaient alléger le coût des charges concernant le fonctionnement, or le résultat n’est pas à la hauteur. Est-ce que, pour autant, il faut remettre en cause ces fusions-là ? Je ne crois pas. Mais le découpage ne répond pas à une faiblesse institutionnelle, c’est un leurre. La faiblesse institutionnelle existe fondamentalement sur ce que font les régions, ce qu'on leur a attribué et sur ce qu'on ne leur a jamais donné.
Dans les pays puissants tels que l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, les régions – avec lesquelles nous pouvons nous comparer – sont allées au bout de la décentralisation. Il y a un hémicycle, des élus qui gèrent l’impôt, la compétence, l'organisation… Cela est une vraie décentralisation. Dans notre pays, c’est cela qui ne va pas, on fait toujours tout à moitié. Parce qu’on a peur du pouvoir des régions, parce qu’on est fondamentalement centralisateurs. Parce que l’administration centrale, globalement, ne fait pas confiance, ni aux élus nationaux, ni aux élus locaux.