Alors que les incendies continuent de ravager l'Espagne, les sinistrés s’organisent et dénoncent l’incompétence et le laisser-faire des dirigeants régionaux et nationaux.
« Votre incompétence politique brûle notre futur ! » Sur la banderole en tête du cortège qui parcourt ce vendredi les rues de Salamanque en Castille et Leon, au nord-ouest de l'Espagne, les mots sont sans concession.
Depuis plusieurs jours, alors que seize foyers d'incendies étaient encore actifs hier et que déjà 400.000 hectares sont partis en fumée depuis le début de l'été, des milliers de personnes descendent dans les rues des principales villes de Galice, Castille et Leon et Estrémadure, les trois régions dévorées par les flammes depuis des semaines, pour crier leur colère contre les autorités publiques.
Vêtus de noir, en signe de deuil pour les milliers d'hectares calcinés, ils pointent du doigt le manque de prévention et de coordination dans la gestion de cette nouvelle catastrophe naturelle. La droite à la tête des régions des zones sinistrées et le gouvernement central socialiste sont mis dos à dos.
« Nous sommes l'Espagne du vide et des terres brûlées »
Il ne leur a fallu que quelques jours pour créer la plateforme citoyenne des « incendies du nord-ouest de la péninsule ». Elle entend canaliser la rage des habitants de ces régions dépeuplées et oubliées. Plus d'une centaine d'associations locales ont participé à la rédaction d'un texte exigeant la démission du Président de Castille et Leon, le conservateur Alfonso Manueco, et celle du responsable de l'unité incendies en Galice.
Dans leur message, ces Indignés du feu réclament aussi une autre politique étatique de gestion du milieu rural. « Nous sommes l'Espagne du vide et des terres brûlées », se lamente Javier Fatas, président de l'Organisation des agriculteurs et éleveurs (COAG), lequel estime les pertes liées aux incendies aux alentours des 600 millions d'euros.
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