À croire que le scénario d’une douche froide avait été anticipé. À son arrivée au QG de campagne qu’elle avait établi dans le 12ème arrondissement de la capitale, vers 21 heures ce dimanche soir, Rachida Dati n’a été accueillie que par une poignée de militants noyés au milieu des journalistes. Le gros de la troupe était soigneusement tenu à l’écart de la presse, réuni dans un bar à dix minutes de marche. Tout juste ses soutiens admettaient-ils du bout des lèvres leur « déception »… pour les rares acceptant de s’exprimer.
Car selon les premiers chiffres parus alors que le dépouillement s’achevait, la candidate soutenue notamment par LR et le Modem réunit 24,8 % des suffrages, soit un peu moins que ce que lui prédisaient les dernières enquêtes d’opinion. Elle est devancée de plus de dix points par l’union de la gauche non-insoumise emmenée par le député socialiste Emmanuel Grégoire (36 %), contre lequel elle a dirigé l’essentiel de sa campagne, l’associant au bilan de la maire sortante Anne Hidalgo dont il fut, un temps, le premier adjoint.
Alors en attendant la prise de parole de leur championne, les quelques militants présents tentaient de se rassurer en scrutant sur les réseaux sociaux les scores des trois faiseurs de roi — ou de reine — de l’élection parisienne : Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête!). Si les deux premiers sont en mesure de se maintenir au second tour dimanche prochain, la dernière atteint à peine le seuil fatidique des 10 % et pourrait ne pas être qualifiée pour la suite du scrutin.