La candidate Insoumise rêve de pouvoir se maintenir au second tour des municipales parisiennes, quitte à précipiter la défaite d’Emmanuel Grégoire face à Rachida Dati.Dès le début de sa campagne, Sophia Chikirou racontait à quel point elle attendait les débats télévisés. La très puncheuse tête de liste Insoumise à Paris misait gros sur cet exercice qu’elle aime tant pour enfin envoyer ses concurrents dans les cordes. Dans la dernière ligne droite, ses prestations devaient lui permettre de décoller dans les sondages, elle qui flirte désormais avec la barre des 10 %, seuil qualificatif pour le second tour. Les annulations en cascade des chaînes d’information en continu après le refus de Rachida Dati de participer sont venues contrarier ses plans. « C’est une honte, dénonce-telle. c’est un scandale absolu. »
Sophia Chikirou reproche l’attitude de sa concurrente LR, mais aussi celle du socialiste Emmanuel Grégoire. En cause : son absence lors du débat organisé mercredi 4 mars par France 3, qu’il a justifiée par la non-venue de sa rivale de droite. « Il s’est défilé car il a eu peur qu’on lui rappelle son bilan de premier adjoint », raille l’Insoumise. Dans La Tribune Dimanche, elle lance un appel à son concurrent socialiste : « Il prétend être la gauche unie sans LFI, je prétends être la vraie gauche. Je lui propose un débat pour qu’on puisse enfin parler du fond. »
L’idée devrait rester lettre morte. Emmanuel Grégoire sait que Sophia Chikirou fait tout pour chasser dans son électorat. Or le socialiste n’a pas l’intention de lui offrir une exposition supplémentaire tant il sait que sa victoire pourrait dépendre de la capacité ou non de cette dernière à se maintenir au second tour. Dans l’hypothèse d’une triangulaire avec la candidate de LR et celle de LFI, il est même donné battu, selon le sondage Elabe pour BFMTV/La Tribune Dimanche/Le Figaro (13 % pour Chikirou ; 40 % pour Grégoire ; 47 % pour Dati).