SONDAGE EXCLUSIF. Municipales à Paris : bataille serrée entre Grégoire et Dati, la percée de Knafo
À la veille du premier tour des municipales, l’incertitude demeure à Paris selon le sondage Elabe-Berger-Levrault pour « La Tribune Dimanche », BFMTV et « Le Figaro ». La configuration du second tour sera déterminante.
Qui succédera à Anne Hidalgo ? À une semaine du premier tour des élections municipales, le scrutin demeure très ouvert dans la capitale. Beaucoup dépendra de la configuration qu’aura le second. Qui y sera qualifié (il faut atteindre le seuil de 10 % lors du premier tour pour pouvoir l’être) ? À droite, des fusions entre des listes changeront-elles la donne (uniquement celles ayant obtenu un minimum de 5 % au premier tour peuvent le faire) ? Seuls les résultats au soir du 15 mars permettront d’y voir plus clair.
En attendant, selon le sondage réalisé par l’institut Elabe pour La Tribune Dimanche, BFMTV et Le Figaro, en partenariat avec Berger-Levrault, Emmanuel Grégoire fait la course en tête avec 32 % au premier tour. Le candidat du PS, qui a rallié sous sa bannière Les Écologistes et le Parti communiste, devance sa rivale LR Rachida Dati, qui obtiendrait 26,5 %. Sarah Knafo arriverait en troisième position avec 13,5 %. En nette progression depuis son entrée dans la compétition en janvier, la tête de liste Reconquête est la seule à vraiment connaître une dynamique dans cette campagne.
Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons, également soutenu par Renaissance, est lui à 12 % et connaît plutôt un essoufflement ces dernières semaines. La députée LFI Sophia Chikirou récolterait 10,5 %. Enfin, Thierry Mariani, le représentant RN comptabiliserait seulement 3 %. Au second tour, si tous se maintenaient, Emmanuel Grégoire l’emporterait avec 33 %. Mais la configuration du second tour sera-t-elle vraiment une quinquangulaire ? En cas de quadrangulaire ou de triangulaire, selon les candidats en lice et les fusions qu’elle pourrait opérer, Rachida Dati ne serait-elle pas alors en mesure de l’emporter ?
La composition du 2e tour des municipales sera déterminante et pourrait faire basculer les chances de l'emporter pour les favoris, Dati et Grégoire. (Crédits : LTD)
« Aucun des deux candidats favoris ne crée une dynamique suffisante pour ne dépendre de personne, constate, face à cette grande incertitude, Bernard Sananès, le président d’Elabe. Le sort d’Emmanuel Grégoire dépend de Sophia Chikirou. Celui de Rachida Dati dépend au moins de Pierre-Yves Bournazel ou de Sarah Knafo, voire des deux. À partir de 37 %, les candidats PS et LR seraient assez forts pour avoir leur destin en main. Contrairement à d’autres villes, comme Marseille par exemple, on ne sent à Paris l’effet du vote utile qu’à la marge. » Ces dernières semaines, c’est cette stratégie qu’avaient pourtant déployée le député socialiste et l’ancienne ministre de la Culture afin d’affaiblir leurs adversaires au sein de leurs camps respectifs.
Comme dans beaucoup d’autres villes, le candidat de droite connaît une perte de ses électeurs au profit de l’offre sur sa droite .
Bernard Sananès, à propos du déplacement des électeurs de LR à l'extrême droite
Dans ces conditions, les scores de Sarah Knafo, Pierre-Yves Bournazel et Sophia Chikirou seront très observés le 15 mars, puisque ces trois-là détiennent les clés du match. En légère baisse en cette fin de campagne, la qualification de la tête de liste LFI pour le second tour reste incertaine. Les sorties polémiques de Jean-Luc Mélenchon ont perturbé la campagne des Insoumis. Dans notre enquête, Sophia Chikirou est la candidate qui détient l’image la plus négative.
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Avec 57 %, elle devance Sarah Knafo et Thierry Mariani (55 %) suivi de Rachida Dati (53 %). Pierre-Yves Bournazel est, lui, le candidat qui est le moins connu. De quoi lui faire miroiter des marges de progression avant le vote et de garantir sa place au second tour ? Quant à Sarah Knafo, elle aura réussi à effacer dans cette campagne la candidature de Thierry Mariani et aspirer une très bonne part de son électorat.
Dans la dernière ligne droite de la campagne, Rachida Dati aura dû composer avec la percée de sa rivale zemmouriste. « Comme dans beaucoup d’autres villes, le candidat de droite connaît une perte de ses électeurs au profit de l’offre sur sa droite », note Bernard Sananès. Déjà en lice lors des municipales de 2020, la maire du 7e arrondissement ne fait ainsi pas le plein chez ses électeurs d’alors. Si 63 % votent pour elle de nouveau, 27 % se prononcent pour Sarah Knafo.
Mais l’ex-ministre de la Culture doit également composer avec une autre difficulté : elle ne récupère qu’une partie des électeurs macronistes. 43 % de ceux du premier tour de la présidentielle de 2022 la choisissent en effet quand 29 % optent pour Pierre-Yves Bournazel et 18 % pour Emmanuel Grégoire. Même si elle a pris soin de lisser son image durant toute cette campagne, Rachida Dati continue malgré tout de cliver. Est-ce pour cela que, malgré le désir d’alternance, en cas de duel avec Emmanuel Grégoire, elle perdrait avec 49 % selon notre sondage ?