De l’art d’être député-candidat RN. La chronique de Jules Pecnard

Découvrez la chronique de Jules Pecnard.
LTD/DR

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Les élections municipales de 2026 seront les troisièmes depuis que Marine Le Pen s’est emparée du Front national. Après la percée de 2014 puis la douche de 2020, masquée par la victoire de Louis Aliot à Perpignan, le parti à la flamme aborde le scrutin de mars prochain avec un mélange de prudence et d’aplomb. Ses dirigeants espèrent que le climat politique fera élire des conseillers municipaux qui, plus tard, voteront pour des candidats RN aux sénatoriales. Et permettront, aussi, de vite sécuriser les parrainages présidentiels de 2027. Pour donner de l’élan à cet objectif peu visible à l'œil nu, l’extrême droite veut conquérir quelques villes moyennes et une grande, Toulon, guignée par Laure Lavalette.
La médiatique députée du Var fait partie de la dizaine sur 123 du groupe RN à l’Assemblée nationale qui iront, en tête de liste, à l’assaut d’une commune de leur circonscription. Avoir labouré le terrain leur apportera, pense l’état-major du mouvement, un avantage décisif. Certains ont déjà officialisé leur candidature. C’est le cas de Laurence Robert-Dehault à Saint-Dizier, sous-préfecture de 22.800 habitants. Tombeuse en 2022 du très enraciné gaulliste François Cornut-Gentille, la députée de Haute-Marne a été réélue dès le premier tour des législatives de 2024.
Sans surprise, Christophe Barthès s’est lancé à Carcassonne. Sa conquête du chef-lieu de l’Aude s’annonce plus ardue que celle de Menton par l’ancienne RPR Alexandra Masson, donnée favorite d’un scrutin qui l’oppose à Louis Sarkozy. Son homonyme Bryan Masson se présente à Cagnes-sur-Mer, près de Nice, tandis que Franck Allisio est la tête d’affiche lepéniste à Marseille.
D’autres se préparent activement. Marc de Fleurian aimerait ravir Calais à Natacha Bouchart, Bruno Clavet vise Lens (Pas-de-Calais), Pascale Bordes devrait se présenter à Bagnols-sur-Cèze (Gard), comme Aurélien Lopez-Liguori à Agde (Hérault) ou encore Julien Limongi à Provins (Seine-et-Marne). Certains hésitent, à l’instar de Frédéric Falcon à Narbonne (Aude) ou Kévin Mauvieux à Pont-Audemer (Eure). Et il y a la question de Nîmes, dont le chef de file RN, Yoann Gillet, rechignerait sérieusement, d’après ses collègues, à abandonner son siège de parlementaire.
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Du reste, quelques cadres s’interrogent sur les conséquences d’un tel dégarnissement. Et comment faire campagne si Emmanuel Macron dissout à nouveau la chambre basse ? Serait-il entendable de se lancer dans une municipale pour aussitôt briguer sa réélection au Palais-Bourbon ? Faute de législatives anticipées, les frontistes victorieux en mars se verraient remplacés, non cumul des mandats oblige, par leur suppléant. Or quasiment tous ceux des députés concernés sont des hommes. De quoi induire un souci de parité et, donc, des pénalités pour le parti. Un pilier de ce dernier peste : « On va se retrouver avec des types à qui on devra dire, un an après leur arrivée à l’Assemblée, “il nous faut des candidates femmes”. » Au RN, le costume de député-candidat est plus étriqué qu’il n’y paraît.
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