Municipales : l'économiste Philippe Dessertine se lance dans la course à Bordeaux
Pierre Cheminade

Philippe Dessertine a officialisé sa candidature à la mairie de Bordeaux, mercredi 17 septembre.
Agence APPA
Pierre Cheminade

Philippe Dessertine a officialisé sa candidature à la mairie de Bordeaux, mercredi 17 septembre.
Agence APPA
Qui a dit que la politique ne fait plus rêver ? À Bordeaux, les embouteillages ne sont pas que sur la rocade puisqu'à tout juste six mois du scrutin municipal de mars 2026 pas moins de huit candidats sont déjà sur les rangs. Ancien candidat malheureux en 2020, le macroniste Thomas Cazenave est le premier à s'être lancé dès le printemps. Elu député de Gironde en 2022 et à nouveau en 2024, l'ancien ministre du Budget vient d'être rallié par la juppéiste Alexandra Siarri.
Mais ce nouveau duo se retrouve face à Nathalie Delattre, la ministre démissionnaire du Tourisme, qui entend bien s'imposer à droite et au centre en revendiquant notamment l'héritage d'Alain Juppé. En quête de notoriété auprès du grand public, l'ancienne sénatrice de Gironde a multiplié les déplacements à Bordeaux et en Gironde ces derniers mois et peut compter sur le soutien de Fabien Robert, chef de file locale du Modem, et des représentants locaux d'autres formations du bloc central dont LR, Horizons et l'UDI.
Dans ce paysage central déjà bien chargé, où se positionnent également Pierre de Gaétan, un autre ancien adjoint d'Alain Juppé, et Mickaël Baubonne, maître de conférences en droit public et fondateur de l'association Métro de Bordeaux, s'ajoute désormais la candidature de Philippe Dessertine officialisée ce 17 septembre.
L'économiste médiatique, habitué des plateaux télévisés, mène « une liste issue de la société civile » articulée autour du triptyque « liberté, responsabilité, innovation » . « Nous sommes à un moment clé de notre histoire, il faut penser une nouvelle prospérité en prenant en compte la crise économique qui frappe le vignoble bordelais, la crise climatique et l'hiver des finances publiques », esquisse Philippe Dessertine, résolu à « aller chercher l'argent privé » pour financer son projet qu'il présentera dans les prochains mois.
Cette candidature, évoquée à Bordeaux depuis plusieurs mois, chamboulera-t-elle les équilibres politiques dans la cité girondine ? Difficile à dire aujourd'hui. Mais, de fait, les positionnements sont proches et ciblent les thèmes de l'insécurité et de la propreté, de l'immobilisme ou encore de la dégradation du commerce et de l'attractivité économique.
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Une proximité politique qui devrait inciter les uns et les autres à discuter d'un projet commun pour dépasser les questions d'ego. D'autant, qu'il faudra aussi compter, à l'extrême droite, sur deux candidatures distinctes : Julie Rechagneux, pour le RN, et Virginie Bonthoux Tournay, pour Reconquête.
Car, de fait, la fragmentation de l'offre politique à droite et au centre pourrait bénéficier avant tout au maire sortant, l'écologiste Pierre Hurmic. « La multiplication des candidatures est un risque pour l'alternance. Tout le monde souhaite que l'on puisse s'unir si on a la même vision. Et le plus tôt sera le mieux », ouvre ainsi Thomas Cazenave. Mais si l'union semble en effet à portée de main, chacun pose ses conditions : « Si on part divisés, on peut perdre. Mais si on part unis derrière la mauvaise personne alors on peut perdre aussi », répond vertement Fabien Robert, soutien de Nathalie Delattre. A peine lancé, Philippe Dessertine se veut pour l'instant encore plus tranchant : « Je ne vois aucun projet comme le mien et je ne discute avec personne. J'irai au bout quoi qu'il arrive ! »
Une concurrence scrutée avec intérêt par Pierre Hurmic qui se garde bien d'entrer en campagne. Bien au contraire. Le vainqueur-surprise de 2020 joue la carte du « maire au travail jusqu'au dernier jour » et vante ses réalisations en matière de végétalisation, d'économie sociale et solidaire et d'énergie solaire. « Ma décision est prise, mais je le ferai le moment venu, en d'autres lieux, ce n'est pas encore opportun », expliquait-il il y a quelques jours. Sa candidature ne devrait pas intervenir avant janvier. Ce qui lui laissera le temps de travailler sa liste et son programme et de nouer ou dénouer les discussions avec LFI et le NPA, qui n'ont pas encore désigné de candidat.
Mais quel que soit le candidat qui s'imposera au sein du bloc central, l'entourage du maire écologiste s'attend à un match serré. Soutenu par un électorat très favorable en centre-ville, l'équipe sortante craint davantage la lassitude démocratique des électeurs dans le contexte actuel, particulièrement dans les quartiers populaires.
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Les sondages qui ne manqueront pas d'arriver dans les prochaines semaines devraient donner un premier éclairage aux différents adversaires. Et permettre aux personnalités de la droite et du centre de se jauger avant, éventuellement, de se rapprocher.
Pierre Cheminade