« Les voix de tous les Marseillais se valent » : la réforme qui bouleverse le prochain scrutin
La réforme n’a pas fait que des heureux du côté des candidats potentiels. Si la gauche se réjouit, la droite fait la grimace, sous le regard attentif du candidat du Rassemblement national.
Une enquête récente donne le maire (PS-PCF-EELV) sortant, Benoît Payan (photo) au coude à coude avec Franck Allisio (RN) au premier tour des municipales.
LTD/Elodie Gregoire/ABACA
« Les voix de tous les Marseillais se valent » : la réforme qui bouleverse le prochain scrutin
La réforme de la loi PLM est un vieux serpent de mer à Marseille, où le mode de scrutin baroque hérité de la décentralisation de 1982 a souvent fait débat après chaque municipale.
Notamment pour tous les candidats qui ne se réjouissaient pas du vote dénonçaient cette loi mal fichue qui, depuis plus de quarante ans, régit l’élection du premier magistrat de la deuxième ville de France, comme à Paris et à Lyon.
Une loi née, pour rappel, de l’esprit du Marseillais Gaston Defferre, dans l’espoir de l’emporter face à un adversaire de taille, Jean-Claude Gaudin. Le premier est alors ministre de l’Intérieur de François Mitterrand ; le second, son challenger à la mairie de Marseille.
Déjà maire depuis trente ans, Gaston Defferre, face au risque de perdre son mandat, réforme le mode de scrutin des grandes villes que sont Paris, Lyon et Marseille. De fait, l’année suivante, c’est lui qui retrouve l’écharpe tricolore, l’emportant malgré le nombre de voix plus importantes recueillies par Jean-Claude Gaudin.
« Des stratégies de secteurs »
C’était bien là tout le paradoxe de la loi PLM : faire élire un candidat qui n’aurait pas eu la majorité des voix des électeurs pour lui. Un paradoxe désormais gommé du champ électoral, ce qui va bouleverser la stratégie des candidats. Car jusqu’alors, chaque parti savait amplifier son engagement dans les secteurs qui lui étaient favorables, poussant les candidats à de savants calculs de « plus » et de « moins ».
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Ces stratégies n’ont plus lieu d’être, les candidats aux prochaines élections municipales devant dorénavant avoir une stratégie pour l’ensemble de la ville pour espérer convaincre les électeurs.