L'Assemblée nationale a adopté sans surprise, en dernière lecture, la réforme du mode de scrutin municipal pour les villes de Paris, Lyon et Marseille. À neuf mois des élections, voici ce que la réforme va changer.Débattue depuis de longues années, remise sur les bancs du Parlement à l'automne dernier, la proposition de loi visant à réformer les scrutins municipaux des trois plus grandes villes de France a finalement été adoptée, ce jeudi, en lecture définitive à l'Assemblée nationale. Sans surprise, après une commission mixte paritaire finalement non conclusive, les membres du Palais Bourbon ont approuvé, par 112 voix contre 28 (RN, LFI, coalition gouvernementale), ce texte aux implications aussi bien administratives que politiques.
Il vise en effet à détacher le vote du conseil municipal de celui du conseil d'arrondissement, là où les élus faisaient auparavant campagne sur une même liste. L'objectif est ici de voter directement pour la liste municipale et donc le maire, là où il existait un risque d'élection sans la majorité des voix. Cela était arrivé à Marseille en 1983 pour l'élection de Gaston Defferre, mais aussi à Lyon en 2001 avec Gérard Collomb.
Des oppositions renforcées
« Nous abolirons ce système des swing states que constitue le scrutin municipal par arrondissement, où on ne cherche pas à gagner l'adhésion du plus grand nombre d'électeurs, mais de tel ou tel secteur en fonction du nombre de ses élus », a ainsi déclaré l'un des co-auteurs du texte, Sylvain Maillard (Renaissance), en préambule du vote ce matin.
Pour beaucoup, ce texte revêt avant tout une dimension politique en vue de faire gagner le bloc central ou la droite à la mairie de Paris. Et si la réforme n'aurait globalement eu que peu d'effets sur les résultats finaux des élections de 2020 selon les estimations du Monde, elle pourrait tout de même rebattre en partie l'équilibre des conseils en raison d'une mesure : l'abaissement de la prime majoritaire accordée au parti arrivé en tête, qui passera de 50 à 25%. Ce qui laissera plus d'espace aux groupes d'opposition. Tandis que dans les Métropoles, celle-ci reste pour le moment fixée à 50%.
Emma Rodot, César Armand et Laurence Bottero