Face à une intensification des épisodes de canicule, la filière conchylicole en Occitanie cherche à s’adapter. La lagune de Thau, notamment, est sous haute surveillance. Entre stratégie globale, préconisations et innovations, des solutions se mettent en place, avec le soutien de la communauté scientifique.En surchauffe, la lagune de Thau (Hérault), qui fournit près de 90 % de la production conchylicole méditerranéenne française et 10 % de la production nationale, a connu en juin dernier l'épisode de canicule le plus précoce et la plus intense de ces quinze dernières années : soit une moyenne journalière entre 27 et 30 degrés pendant quinze jours et des pics au-delà de 30 degrés en bordure de lagune. En juillet, une seconde salve de chaleur, plus courte, a été enregistrée mais finalement, à l'exception de quelques zones très fragiles, la tramontane a éloigné les risques d'anoxie, qui se traduit par une diminution significative du taux d'oxygène dans l'eau du fait de la chaleur.
Alors que la limite de tolérance de températures des moules de Méditerranée est de 26 degrés et celle des huîtres de 30 degrés (au-delà, elles meurent), ce phénomène inédit dans sa typicité aurait pu avoir des conséquences catastrophiques. Même si les données ne sortiront que dans quelques semaines, Patrice Lafont, président du comité régional de la conchyliculture en Méditerranée (CRCM), estime qu'« étonnamment, il ne semble pas y avoir eu trop de casse liée à cette canicule, et à ce jour (22 juillet, NDLR), les producteurs continuent d'ailleurs de récolter leurs moules ».
Lagune sous haute surveillance
Pour autant la filière, concentrée majoritairement dans le département de l'Hérault, s'inquiète et cherche à s'adapter, avec le soutien de partenaires institutionnels et techniques (Ifremer, Cepralmar,...). Une démarche participative inédite de contrat de filière, initiée par le CRCM, en est à sa seconde phase (signature en cours) pour imaginer une conchyliculture pérenne, durable et résiliente.
La lagune de Thau fait l'objet d'une surveillance accrue. Spécialisé dans la surveillance environnementale tout au long de la vie de l'huître creuse, l'observatoire Ecoscopa (qui fait partie d'un réseau national) évalue sur le long terme les risques biologiques encourus par le coquillage : mortalité, croissance, capacité de reproduction. Mais aussi ceux encourus par l'écosystème : aléa climatiques ou changement alimentaire phytoplanctonique. Ces études sont associées à un suivi hydroclimatique (conditions météorologiques, température de l'eau, salinité, pH, etc.).