EXCLUSIF — Une fillette aurait été victime de violences sexuelles de la part d'un éducateur stagiaire à la crèche municipale des Récollets (Paris 10e). Ses parents estiment ne pas être soutenus par les institutions.Comment réagir quand son enfant confie, avec ses mots, avoir subi une agression sexuelle ? Les parents d’Anna* n’y avaient jamais pensé avant ce mois de mai 2024. Depuis plusieurs semaines, leur fille de 3 ans semble changée. Elle fait des colères et pince sa sœur, se réveille au milieu de la nuit, refuse qu’on la touche ou qu’on entre dans sa chambre, pleure avant d’aller à la crèche.
Elle évoque à plusieurs reprises « un garçon » qui l’embête et la « tape avec un bâton ». « Un adulte », dit-elle finalement, interrogée par sa mère. « Il s’appelle J., ajoute Anna, méchant, une sorcière, avec les cheveux longs et les ongles noirs. »
Le lendemain, la directrice de la crèche municipale des Récollets, dans le 10e arrondissement de Paris, indique qu’en mars un homme a été présent dans l’établissement. Il s’agit d’un stagiaire prénommé J., en effet, étudiant en sciences de l’éducation. « La directrice me précise qu’il avait des ongles peints, poursuit Louise*, la mère d’Anna. Qu’il était habillé tout en noir, parlait peu, observait les enfants. Elle pense qu’Anna a pu être impressionnée par son look. Elle affirme qu’il n’a jamais été seul avec les enfants. »
Le soir même, Louise tente de rassurer sa fille en lui promettant que J. ne l’embêtera plus, qu’il ne reviendra pas à la crèche. Mais la petite n’a pas tout dit. La mère raconte : « Elle a prononcé ces mots : “Il a touché ma zézette. Il m’a enlevé la zézette. Les fesses aussi. J’ai eu mal. Mais ça a guéri.” J’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds. »
Ne pas « polluer » sa mémoire des faits