LA TRIBUNE DIMANCHE – Vous avez parlé d’une situation de sécheresse « exceptionnelle » et « très préoccupante ». C’est une façon de tirer la sonnette d’alarme ?
MONIQUE BARBUT – Oui, parce que les faits sont là : aujourd’hui, 99 départements, soit l’entièreté du territoire métropolitain, sont classés en vigilance sécheresse, et donc soumis à des mesures de restriction d’eau. 55 sont placés en « crise », 21 en alerte renforcée, et 215 arrêtés préfectoraux sont en cours. Un tel phénomène aussi tôt dans l’année, après un printemps qui avait pourtant permis une bonne recharge des nappes, est inédit.
Cela doit nous rappeler à quel point le réchauffement climatique bouleverse le cycle de l’eau qui est notre bien le plus précieux. Attention, je ne dis pas que la France va devenir demain le Sahara. Il n’y a pas de risque majeur de pénurie d’eau potable. Mais il faut revoir un certain nombre de nos usages et la façon dont nous gérons la question de l’eau. D’autant qu’une sécheresse aussi grave aura des conséquences sur nos bâtis, sur nos sols, ce qui renforce le risque de futures inondations.
N’était-ce pourtant pas prévisible, et donc anticipable, après les trois vagues de canicule ?
Cet épisode de sécheresse est évidemment aggravé par les successions de vagues de chaleurs. En revanche, une succession de trois canicules aussi précoces et aussi intenses n’était pas attendue aussi tôt au cours du XXIe siècle. Mais nous pouvons anticiper leurs conséquences, et c’est ce que nous faisons.