Depuis hier, jeudi 23 avril, c’est une ambiance studieuse qui règne dans la salle 6634, au deuxième étage du Palais Bourbon. C’est ici que la trentaine de membres de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public est invitée à prendre connaissance des quelques 400 pages rédigées par le rapporteur, le député ciottiste Charles Alloncle. Le point d’orgue de six mois de travaux, avec 234 personnes interrogées et près de 200 heures de discussions, dans un climat souvent électrique.
Lundi après-midi, les membres de la commission voteront, non pas sur le fond du rapport, mais sur l’opportunité ou non de le publier. Avec un verdict incertain, comme le glisse en off une parlementaire. « Dans ce rapport, la méthode diffamatoire est malheureusement la même que lors des auditions. Il y a par exemple à nouveau des insinuations sur l’absence d’indépendance de Delphine Ernotte et de Sibyle Veil (respectivement PDG de France Télévisions et Radio France) vis-à-vis de l’exécutif ou encore des attaques calomnieuses contre la présidente de l’Assemblée nationale et le président de la commission d’enquête. Tout va se jouer lundi. Il est probable que de nombreuses demandes de modifications de forme soient réclamées pour que ce rapport qui engage l’Assemblée nationale soit davantage respectueux des personnes auditionnées. Cela est encore possible avant le vote. La balle est désormais dans le camp du rapporteur, qui a la responsabilité de la publication de son rapport entre ses mains ».