L'Allemagne est de nouveau frappée par le terrorisme. Un attentat à la gay pride de Berlin a causé la mort d'une personne et fait une trentaine de blessés. La traque du suspect islamiste radicalisé s'organise.
La traque se poursuit, outre-Rhin. Les forces de sécurité allemandes sont à la recherche d'un homme de 21 ans et radicalisé islamiste présumé, soupçonné d'avoir foncé à bord d'un véhicule sur la foule lors de la gay pride de Berlin, samedi 25 juillet au soir, faisant un mort et une trentaine de blessés. « Tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à un attentat terroriste islamiste », a affirmé dimanche, sur les lieux de l'attaque, le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, revoyant à la hausse le bilan des victimes avec 29 blessés, contre 16 auparavant.
Le suspect en fuite, dont le ministre a dévoilé le nom, Abdul Ballout, pourrait être armé et dangereux, alerte la police. « Citoyen allemand d'origine libanaise », Abdul Ballout « s'est fait remarquer par un nombre élevé d'infractions, une radicalisation et son appartenance au milieu islamiste », a ajouté le ministre. Selon différents médias allemands, celui-ci avait tenté de rejoindre l'État islamique en Syrie en 2025, mais avait été arrêté au Liban. Il avait été renvoyé en Allemagne, où il avait été condamné en 2026, dans un autre dossier, pour « préparation d'un acte de violence grave mettant en danger la sécurité de l'État ».
Un mort et une trentaine de blessés
L'attaque a eu lieu samedi soir, vers 22 heures dans le parc du Tiergarten, au centre de Berlin et à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg, principal lieu de rassemblement dans la soirée de la marche des fiertés, appelée Christopher Street Day (CSD) en Allemagne, l'une des plus grandes gay pride en Europe. L'attaque a coupé court à ce qui avait été une journée de fête pour des centaines de milliers de personnes.
Selon la police, un véhicule blanc a foncé dans des passants avant de percuter un arbre. Le suspect « s'est ensuite précipité sur d'autres passants, armé d'une arme blanche, d’une arme contondante — vraisemblablement une machette — et les a également grièvement blessés », a décrit Alexander Dobrindt. Selon la description donnée par la police, Abdul Ballout, âgé de 21 ans, est mince, mesurant environ 1,90 mètre, aux cheveux noirs et vêtu d’un sweat à capuche noir et d'un pantalon blanc. Un appel à témoins a été émis accompagné d'une photo pour obtenir des informations afin de le localiser.
Au lendemain de l'attaque meurtrière, les responsables politiques allemands ont été prompts à réagir. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré dimanche à l'aube que le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, et lui-même étaient tenus informés de l'avancée de l'enquête et s’est engagé à traduire en justice les responsables de cet « acte abominable ». Le président Frank-Walter Steinmeier s'est dit « bouleversé et indigné » par cette attaque contre « notre société ouverte ».
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Des messages de solidarité ont également afflué de l'étranger, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, déclarant que la gay pride berlinoise « incarne la liberté, la dignité et l'égalité des droits — les valeurs fondatrices de l'UE ». Convié par des membres de la communauté LGBTQ de Berlin à une veillée devant la porte de Brandebourg, dimanche en début d'après-midi, le public a observé une minute de silence. La place était pleine.
De tristes souvenirs ravivés
Cette attaque a ravivé le souvenir d'une série d'actes similaires qui ont secoué l'Allemagne ces dernières années et attisé le débat sur l'immigration, plusieurs des auteurs étant d'origine étrangère. L'attaque récente la plus meurtrière a été celle perpétrée en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin par un Tunisien aux motivations djihadistes. Elle avait fait 13 morts.
La période précédant les élections législatives de l'année dernière a été marquée par une vague d'attaques dans des lieux publics, notamment perpétrées par des assaillants islamistes. Ces agressions ont fait le lit du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), devenue la première force d'opposition et qui devance même désormais la droite du chancelier Merz dans les intentions de vote.
Dimanche, un député AfD, Martin Hess, a estimé sur le site du groupe parlementaire que l'attaque de la gay pride « révèle une fois de plus l'échec total des responsables en matière de sécurité ». « Si un individu islamiste considéré comme dangereux et connu de la police a pu commettre un tel acte, il faut établir de manière exhaustive pourquoi il pouvait encore circuler librement », a-t-il ajouté.