Gérard Larcher, président du Sénat : « Macron aura été un président “stop-and-go” »
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Gérard Larcher, président du Sénat.
Albert Facelly pour La Tribune du Dimanche
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Gérard Larcher, président du Sénat.
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LA TRIBUNE DIMANCHE – Comment va, selon vous, le pays ?
GÉRARD LARCHER – Je suis inquiet. On voit beaucoup de violence et beaucoup de défiance. Les Français n’ont plus confiance ni en leur avenir ni en leurs dirigeants. Des bandes violentes s’affrontent, et aucun territoire n’est épargné. Tous les jours, il y a des meurtres ou des tentatives de meurtres liés au narcotrafic. Tout cela crée un état de tension général inquiétant, auquel il faut ajouter l’état économique et financier du pays et l’inquiétude liée à la situation géopolitique.
Neuf ans après l’élection d’Emmanuel Macron, on comptabilise 3.500 milliards d’euros de dette, dont 1.200 milliards liés à ses deux quinquennats. Le déficit de la Sécurité sociale explose. Notre déficit budgétaire est de 5 %. Le ralentissement économique se fait sentir, le chômage remonte, l’inflation reprend. Et, pour affronter ces difficultés, nous n’avons aucune marge de manœuvre financière, alors que nous devons par ailleurs tenir des engagements essentiels, comme ceux pris dans le cadre de la loi de programmation militaire. Dans ces conditions, la préparation du budget de l’année prochaine va être particulièrement difficile.
En vue de celle-ci, que va préconiser le Sénat ?
Il y a trois objectifs. Il faut un budget à la France. Ensuite, il faut tenir la trajectoire de réduction du déficit conformément à nos engagements européens. Enfin, il faut au minimum une stabilité fiscale. Dans ces conditions, fin juin, nous ferons des propositions au Premier ministre. Les rapporteurs généraux du Sénat y travaillent, nous défendrons de grandes orientations et des choix. Il faudra bien réduire la part des dépenses de l’État : en 2017, Emmanuel Macron promettait 120.000 fonctionnaires en moins, il y en a eu 110.000 de plus. Il faudra bien supprimer des agences qui totalisent 80 milliards d’euros de budgets cumulés. Tout ce qui aurait pu être fait depuis des années n’a pas été réalisé, nous sommes au pied du mur.