Que nous vendaient les cadors du siècle dernier ? Avant de participer au séminaire organisé, les 16 et 17 avril, par l’état-major du Rassemblement national pour réfléchir à la prochaine campagne présidentielle, Jean-Philippe Tanguy s’est replongé dans les archives télé des années 1990. Le député RN de la Somme, proche de Marine Le Pen, y voit défiler Jacques Chirac, Lionel Jospin, puis d’autres qu’il respecte bien davantage comme Philippe Séguin ou Charles Pasqua.
Le politique paraît roi, mais il y a un bémol. « J’étais frappé par leur absence de propositions concrètes », confie le parlementaire souverainiste. Loin d’une époque, la nôtre, qui dépolitise et sacralise la promesse chiffrée. L’extrême droite va bientôt devoir en repasser par là, elle qui est si souvent taxée de manque de sérieux. Qu’on n’attende pas de révélation vendredi 1er mai.
À leur traditionnelle « fête de la nation », prévue à Mâcon cette fois, les dirigeants du RN se contenteront de galvaniser les troupes à un an de l’élection suprême. Tout juste jaugera-t-on la manière dont le président du parti, Jordan Bardella, et la cheffe du groupe à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, taperont sur le gouvernement Lecornu, la Commission européenne et le « péril d’extrême gauche » qu’incarnerait Jean-Luc Mélenchon. Pour les mesures, on reviendra. « L’ambiance, c’est plutôt “ne rien faire jusqu’au 7 juillet” », soupire un poids lourd frontiste.
Le CAC 40 pas convaincu