LA TRIBUNE DIMANCHE — Qu’est-ce qui vous a poussé à envisager de quitter la présidence du Conseil exécutif de Corse pour briguer le mandat de maire à Bastia ?
GILLES SIMEONI — L’élection municipale arrive à un moment charnière pour Bastia et pour la Corse, dix ans après notre accession aux responsabilités qui a constitué une véritable révolution démocratique. Elle a vocation à clôturer un cycle et à en ouvrir un autre avec de nouveaux défis à relever car la Corse et le monde ont profondément changé. J’ajoute que l’ensemble de nos adversaires politiques se coalisent, non pas autour d’un projet mais en faisant de Bastia la première étape d’une volonté de déconstruire tout ce qui a été fait dans la ville et en Corse. Notamment en m’attaquant violemment, personnellement et au plan politique.
Parmi vos adversaires, Nicolas Battini, ex-nationaliste clandestin soutenu par le RN, n’est-il pas électoralement le plus menaçant ?
Partout dans le monde, les idées d’extrême-droite prospèrent mais le caractère singulier en Corse, c’est l’alliance entre un mouvement historiquement opposé à l’autonomie jusqu’à demander, à l’époque, la peine de mort pour les nationalistes, et un courant identitaire qui se revendique corsiste tout en continuant à se prévaloir de l’idéologie du RN. C’est, en effet, une curiosité et, à mon avis, une imposture.