LA TRIBUNE DIMANCHE — Où en est-on du projet de loi sur le racisme et l’antisémitisme annoncé par le gouvernement ?
AURORE BERGÉ — Il vient d’être transmis au Conseil d’État, et je le présenterai le 1er juillet prochain en Conseil des ministres. C’est un projet de loi de cohésion républicaine et nationale. Il y a aujourd’hui tant de Français qui doutent de leur place dans notre pays et qui sont victimes de racisme et d’antisémitisme ! Plus de 10.000 victimes et trois homicides racistes ont été recensés l’année dernière. Et nous savons aujourd’hui qu’une majorité de victimes renoncent à porter plainte. Cela doit appeler à un sursaut national.
Vous avez reçu fin avril les partis politiques pour élaborer ce texte. Qu’est-ce qui vous a marquée lors de ces consultations ?
L’apaisement. Et c’est une bonne chose. Toutes les forces politiques, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, ont accepté d’être présentes autour de la table. Elles ont toutes soutenu l’idée d’un projet de loi élargi à la lutte contre le racisme. Ce texte enverra un signal républicain et de concorde absolument essentiel, à un an de l’élection présidentielle. Au-delà d’un projet de loi, c’est un projet de société que je veux présenter à travers ce texte.
Quand sera-t-il débattu au Parlement ?
L’examen débutera par le Sénat. C’est l’engagement que j’avais pris devant les forces politiques. Ensuite, tout dépend de la date de fin de la session extraordinaire de l’été. L’objectif, c’est que le texte puisse être adopté avant la fin de l’année. Il sera tenu.