« Proud », « Colonna », « Dodo Stories » ... Notre sélection écrans de la semaine

Illustrations du documentaire « Colonna », de la série « Proud » et pour le podcast « Dodo Stories ».
LTD / Agnieszka Jurek-OpalińskaN/Z/Ignacy LissFotos

Illustrations du documentaire « Colonna », de la série « Proud » et pour le podcast « Dodo Stories ».
LTD / Agnieszka Jurek-OpalińskaN/Z/Ignacy LissFotos
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Doublement primée lors du dernier festival Séries Mania, « Proud », série queer qui suit un jeune homme dont la vie bascule après un drame familial, débarque cette semaine sur HBO Max.
Filip est un garçon peu sympathique – c’est un euphémisme – au premier abord. L’arrogance de ce mannequin persuadé que le monde lui appartient n’a d’égal que le culte qu’il voue à sa propre personne. Il enchaîne les fêtes et aventures sans lendemain avec d’autres hommes jusqu’au jour où le décès de sa sœur le confronte brutalement à la réalité.
Contre toute attente, il décide alors d’adopter sa nièce, encore bébé. Voilà le point de départ de la série Proud, qui pose en filigrane cette question vertigineuse : peut-on s’occuper d’un jeune enfant sans perdre son indépendance ni renoncer à tout ce qu’on a construit ? D’autant que ce drame le renvoie à son propre passé d’orphelin.
Disponible dès le 12 juin sur la plateforme HBO Max, Proud s’impose comme l’un des phénomènes sériels de 2026. En sélection lors du dernier festival Séries Mania – qui a eu lieu en mars à Lille –, elle a remporté le grand prix de la compétition et son comédien principal, Ignacy Liss, celui du meilleur acteur. « Cette série est vraiment importante pour notre pays, parce que les personnes homosexuelles en Pologne n’ont aucun droit », a martelé le comédien de 28 ans sur scène au moment de recevoir sa statuette.

Cette série illustre l’appétit croissant des plateformes de streaming pour les séries polonaises, à l’image des Enfants de plomb (Netflix) ou de Heaven (HBO Max), sorties également cette année. L’un des principaux atouts de cette fiction juste et poignante est d’aborder la banalisation de l’homophobie sans nullement verser dans le militantisme, comme l’a expliqué son créateur Karol Klementewicz lors de la conférence de presse à Séries Mania : « Nous avons voulu faire une série familiale qui soit là pour permettre de réfléchir sur la condition des homosexuels. Nous voulions surtout raconter l’histoire d’un garçon qui doit assumer une responsabilité à laquelle il n’était pas du tout préparé. Il lutte désormais pour son bonheur mais également celui de sa nièce. »
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Un personnage pour lequel on peine au départ à ressentir de l’empathie tant il est boursouflé d’égoïsme mais dont l’humanité apparaît par bribes. « En écrivant le scénario, j’ai voulu que Filip soit très complexe, poursuit Karol Klementewicz. Ignacy a su lui apporter une telle dimension. Lors du casting, il a fait des essais avec une poupée en plastique et il lui a donné tellement d’amour et d’attention que je me suis dit : “Ce rôle est pour lui”. » Sur scène, à Séries Mania, Ignacy Liss a tenu à remercier sa femme, mais également… son bébé de 1 mois. « Un jour, mon fils, tu regarderas cette série et j’espère que tu seras fier de ton père. » Au regard de sa prestation tout en nuance, la réponse ne fait aucun doute.
Proud, série réalisée par Karol Klementewicz, disponible à partir du 12 juin sur HBO Max, un épisode mis en ligne chaque semaine jusqu’au 31 juillet.
Plus qu’un podcast, une expérience sonore immersive pour accompagner vos enfants vers le pays des rêves. Le nouveau format « Dodo Stories » se démarque dans la très abondante offre jeunesse disponible sur les plateformes audio. Chacun des épisodes débute par un récit rythmé d’un grand classique, tels Le Petit Chaperon rouge, Cendrillon ou La Belle au bois dormant. Avec dans le rôle du conteur, le « slasheur » Serge Bonafous (comédien, réalisateur, scénariste, etc.).
Jusque-là, rien de très original. Mais une fois l’histoire achevée, place à une transition apaisée vers le sommeil. Au menu : des musiques relaxantes et une voix qui invite vos enfants à une forme de méditation, tout en restant dans l’univers du même conte. Un combo idéal pour instaurer un rituel d’apaisement. Testé à la maison et approuvé !
« Dodo Stories », podcast produit par 2P2L, quatre épisodes déjà disponibles sur toutes les plateformes audio.

Le destin d’Yvan Colonna – condamné pour l’assassinat du préfet Érignac – a certes été maintes fois retracé. Mais ne zappez pas : le documentaire Colonna, une tragédie corse, diffusée mardi 9 juin en prime time sur France 2, offre un regard singulier sur le militant nationaliste agressé à mort en 2022 par un islamiste radicalisé dans la prison d’Arles.
Le parti pris : utiliser cette trajectoire individuelle pour décrypter soixante ans de conflits, de malentendus politiques et de passions identitaires entre la Corse et Paris. Sans prendre position pour un camp ou un autre, cette minisérie en trois épisodes fait preuve d’une précieuse nuance sur ce sujet ô combien polarisant. Signée Ariane Chemin et Agnès Pizzini, elle est émaillée de nombreux témoignages, dont celui de son père, Jean-Hugues Colonna, ancien député socialiste des Alpes-Maritimes disparu en janvier, après le tournage.
Également à l’image : des amis d’enfance, d’anciens militants nationalistes, des magistrats ou encore des responsables politiques comme Nicolas Sarkozy, qui revient sur cette phrase prononcée en 2003, avant même le jugement : « La police française vient d’arrêter Yvan Colonna, l’assassin du préfet Érignac. » « En droit, je n’aurais pas dû le dire comme ça, explique celui qui était à l’époque ministre de l’Intérieur. Mais en fait, nous savions qu’il était l’assassin. » Une série documentaire de très bonne facture, qui aurait toutefois gagné à assumer une réalisation plus audacieuse.
Colonna, une tragédie corse, série documentaire (3×45’) écrite par Ariane Chemin et Agnès Pizzini, mardi 9 juin à 21 h 10 sur France 2. Déjà en ligne sur France.tv.
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