Le nouveau Premier ministre est revenu samedi sur les raisons qui l’ont poussé à accepter la mission d’Emmanuel Macron devant plusieurs journalistes, dont ceux de « La Tribune Dimanche ». Il défend l’idée d’un gouvernement « plus libre » et promet que les profils de ses nouveaux ministres surprendront.« Repartir n’était pas une évidence pour moi. » C’est ce qu’assure Sébastien Lecornu au lendemain de sa reconduction par Emmanuel Macron. S’il a finalement dit oui au chef de l’État lorsque celui-ci l’a appelé vendredi vers 21 h 30 pour lui demander de rempiler à Matignon, c’est avec l’ambition de faire désormais à sa manière.
C’est ainsi qu’il faut entendre, selon lui, l’expression « carte blanche » employée par l’Élysée pour décrire la marge de manœuvre que lui laissera le président. « J’ai démissionné lundi dernier car les conditions n’étaient plus remplies, promet le Premier ministre. Si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies, je partirais. Je ne ferai pas n’importe quoi. » Lundi, même le président n’avait pas été informé en amont de sa spectaculaire initiative, jurait-il hier lors d’une rencontre avec des journalistes.
Le week-end dernier avait été consacré à la composition de son gouvernement. Dès hier, le chantier a repris de zéro. « On ne peut pas continuer comme avant ; il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », assure Sébastien Lecornu au sujet de son équipe ministérielle qui sera dévoilée lundi ou mardi. Il promet des profils qui surprendront.
De premiers noms circulent : Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris, pour le ministère de l’Intérieur ; la juriste Anne Levade, qui avait organisé la primaire de la droite en 2016, pour le ministère de la Justice. Son actuel titulaire, Gérald Darmanin, ami intime du Premier ministre, sera en effet victime de la règle fixée par ce dernier : pas de prétendant à 2027 au gouvernement. Si LR a décidé de ne pas y participer, le locataire de Matignon n’exclut pas malgré tout que certains élus du parti de Bruno Retailleau en soient membres. Roland Lescure, député Renaissance, devrait rester à Bercy, comme le MoDem Jean-Noël Barrot au Quai d’Orsay.