Le week-end des 6 et 7 juin, Éric Ciotti « n’a rien fait ». C’est un ami de trente ans qui le dit. Pour sa première pause depuis son élection le 22 mars à la mairie de Nice, le patron de l’Union des droites pour la République (UDR) a vu… Jordan Bardella. D’abord samedi chez Lou Pantail, restaurant dont s’est entiché le président du Rassemblement national (RN). Puis le lendemain au Grand Prix de formule 1 à Monaco. Les amateurs de pages people n’avaient d’yeux que pour le trentenaire et sa compagne, Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, à leur aise dans un environnement jet-set qui a, en plein émoi du pays autour de l’affaire Lyhanna, interloqué plus d’un cadre lepéniste. Éric Ciotti était là aussi, en famille, mais discret.
Pur politique, l’ancien numéro un des Républicains aime maîtriser les événements. Il se garde pour l’instant de préciser les contours de son propre rôle auprès de Jordan Bardella, potentiel candidat à la prochaine présidentielle, en cas de victoire de l’extrême droite en 2027. Nul besoin. À 60 ans, Éric Ciotti sait qu’il a changé de statut en faisant chuter Christian Estrosi aux municipales.
Deux ans après son choix historique de s’allier au RN, sa cote grimpe et la rumeur enfle. « Il fera tout pour être Premier ministre de Bardella ou pour se placer », lance sans détour un pilier de l’UDR. Avec le jeune eurodéputé, l’entente est bonne, la compatibilité idéologique, manifeste. Il y a là de quoi pasticher une vieille formule, celle de Nicolas Sarkozy qui, dès 2006, désignait François Fillon comme futur locataire de Matignon.