Arrivé en tête avec dix points d’avance, le patron de l’UDR ne crie pas encore victoire, tandis que le maire sortant mise tout sur son bilan et bat le pavé.L’ambiance est particulière dans la cinquième ville de France. De celles dont on sait que rien ne sera plus tout à fait comme avant. Il faut dire que le résultat du premier tour à fait l’effet d’un séisme, portant le candidat UDR/RN Eric Ciotti en tête, à 43,43% loin devant son adversaire, Christian Estrosi, étiqueté Horizons, crédité de 30,92% des voix. Des résultats qui signifient, à plusieurs égards, qu’un changement est en route.
La déconvenue du maire sortant a évidemment surpris par son ampleur. Devancé de 13 points par son meilleur ennemi, Christian Estrosi a clairement été sonné par le résultat, tant on s’attendait beaucoup plus à un score serré entre ceux qui ont passé dix ans à collaborer ensemble avant de se déchirer inlassablement, parfois de façon très irrationnelle. C’est sans doute cela qui a pesé dans une campagne qui a plus tourné au règlement de comptes qu’à un échange d’idées autour d’un programme.
L’affaire dite de la tête de porc a aussi détourné l’attention de ce qui aurait dû être les vrais sujets.
Le bon score de la gauche – Juliette Chesnel Le Roux (PS, PC, les Écologistes) et Mireille Damiano (LFI) ont dépassé les 10% permettant de se qualifier pour le second tour – est également à considérer comme un signal. Ainsi donc, Nice entre dans une nouvelle dimension. Et cela, quel que soit le résultat de dimanche soir.
Si Christian Estrosi – qui a reçu le soutien du président du Sénat, Gérard Larcher mais pas celui de Bruno Retailleau– l’emporte au final dimanche soir, la campagne aura de toute façon laissé des traces et on voit mal, comment, dans cette configuration, le numéro deux d’Horizons pourrait repartir pour un quatrième mandat comme si de rien n’était.