Présidentielle : Retailleau et le rétroviseur Fillon
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François Fillon et Bruno Retailleau le 13 juin 2016 à Nantes.
LTD / SIPA - SEBASTIEN SALOM-GOMIS
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François Fillon et Bruno Retailleau le 13 juin 2016 à Nantes.
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Cela faisait des mois qu’il lui conseillait de rompre. Le dimanche 5 octobre, le fruit est bien mûr lorsque François Fillon a Bruno Retailleau au téléphone et lui dit que, vraiment, il n’a rien à faire dans ce gouvernement Lecornu. L’ancien Premier ministre, second mentor du Vendéen après Philippe de Villiers, n’était déjà pas convaincu de l’intérêt de rester avec François Bayrou à Matignon, mais là… Bruno Le Maire nommé aux Armées ? L’homme à qui on impute l’explosion de la dette publique française ? L’homme qui, après s’être précipité derrière le vainqueur de la primaire de la droite et du centre en 2016, a abandonné François Fillon dès sa mise en examen dans l’affaire Penelope pour ensuite finir chez Emmanuel Macron ?
Un autre vieux complice de Bruno Retailleau lui recommande ce jour-là de claquer la porte du ministère de l’Intérieur : Henri de Castries, l’énarque qui dirigeait le géant de l’assurance Axa tout en alimentant le projet filloniste. Cette période, qui précède l’élection présidentielle de 2017, le patron des Républicains (LR) estime que sa famille politique en a peu connu d’aussi intellectuellement riche.
Lancé dans la course pour 2027, il entend redonner du lustre à une machine qui, à ses yeux, n’a pas eu sa juste reconnaissance. D’abord en en invoquant les mantras, comme jeudi dans sa déclaration de candidature : « L’engagement que je prends, c’est de toujours vous dire la vérité. » Un mot célébré par François Fillon dans son essai de 2006, La France peut supporter la vérité, puis sur son affiche de campagne dix ans plus tard.