Avant que la France ne promette les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) d’hiver « les plus sobres de l’Histoire » en 2030, l’Italie comptait faire figure d’exemple. « Nos Jeux seront les moins chers jamais organisés », assurait Giovanni Malagò, président du comité d’organisation des JOP Milan Cortina 2026, qui commencent vendredi 6 février. Pour cette édition, les compétitions ont été réparties sur huit localités du nord du pays. Le but affiché par le comité italien : réutiliser les infrastructures existantes pour garantir la sobriété économique et écologique. Un modèle repris pour les Jeux d’hiver 2030.
Mais à quelques jours du début des compétitions, les chiffres racontent une autre histoire. Depuis le dossier de candidature de 2019, la facture a plus que triplé, le 1,55 milliard d’euros prévu passant à 5,2 milliards. Au moins 3,54 milliards proviennent de financements publics pour la construction ou la rénovation d’infrastructures.
Des dépenses qui font débat
À Cortina d’Ampezzo, dans les Dolomites, la piste de bobsleigh, luge et skeleton cristallise toutes les critiques en raison du retard de livraison, de ses impacts écologiques (sols artificialisés, écosystèmes perturbés, risques d’érosion) mais aussi de son coût faramineux. Inutilisée depuis 2010 – seulement 300 licenciés pratiquent ces sports en Italie –, la piste historique devait être rénovée pour 47 millions d’euros.
Mais très vite, le budget a dérapé. Malgré les propositions de délocaliser les épreuves en Suisse ou en Autriche, Rome s’est accrochée. « Nous sommes Italiens et fiers de l’être, martèle la ministre du Tourisme, Daniela Santanchè, membre de Fratelli d’Italia, le parti d’extrême droite de la Première ministre, Giorgia Meloni. Nous ferons la piste de bob en Italie. » Il a fallu débourser 122 millions d’euros pour démolir l’ancienne et reconstruire la nouvelle.