Dette, déficit, chômage passent au vert chez nos voisins italiens. Giorgia Meloni récolte les fruits d’une économie en forme, mais cette bonne performance intrigue : coup de maître ou simple coup de chance ?
Tous les chemins mènent bien à Rome. Alors que le pays brille par ses bons résultats économiques, l'Italie a essuyé les tirs de François Bayrou dimanche soir sur BFMTV. Hostile à un impôt minimum sur le patrimoine des plus riches, le Premier ministre a dénoncé le risque d'un exil des grandes fortunes vers une Italie accusée de « dumping fiscal ».
Conscient d'être sur un siège éjectable, François Bayrou regarderait-il avec envie les bonnes performances économiques de son homologue italienne, qui a dépassé cet été les 1 000 jours à la tête de l'Italie ? Car, au même moment, Rome publiait des chiffres flatteurs : chômage au plus bas depuis 2007, en dessous de la moyenne de la zone euro (6,2 %), et une croissance attendue en 2025 quasi identique à celle de la France (0,5 % contre 0,6 %).
Longtemps qualifiée d'« homme malade de l'Europe » en raison de sa faible croissance, de son endettement massif et de son instabilité politique chronique, l'Italie montre aujourd'hui des signes de redressement. Depuis l'arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir en octobre 2022, le pays semble retrouver des couleurs. Mais sur quoi repose réellement cette embellie économique ?
Pandémie : de la chute à la résurrection économique
L'Italie a bénéficié d'un effet de relance inattendu après le Covid-19. La chute du PIB en 2020 a été plus forte que la moyenne européenne, mais l'économie italienne a rapidement rebondi dès l'année suivante, avant même l'arrivée du gouvernement de Giorgia Meloni au pouvoir à l'automne 2022.
Pour Marcello Messori, professeur d'économie au Centre Robert-Schuman de l'Institut universitaire européen à Florence, le choc initial de la pandémie a agi comme un « réveil pour l'économie italienne », donnant un élan à une reprise économique qui, contrairement aux attentes, s'est prolongée dans le temps. Selon lui, ce redressement tient à une forme de sélection naturelle entre entreprises : les plus compétitives ont survécu, les moins efficaces ont disparu, renforçant ainsi la compétitivité de l'économie italienne.
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