Face à la menace de fermeture, les stations de ski contraintes de se réinventer
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Photo d'illustration
Véronick Lepalabe, OT La Norma
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Le changement climatique sonne-t-il le glas du ski alpin ? D'après le géographe Pierre-Alexandre Metral, plus de 180 domaines skiables ont fermé en France depuis les années 70. Récemment, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la station du Grand Puy a annoncé sa fermeture définitive et les habitants de la station d'Allos ont voté pour l'arrêt du ski alpin dans leur station de Val d'Allos-Le Seignus. Les hivers passent, avec de moins en moins de neige, et de plus en plus de déficits, qui deviennent chroniques et font plonger les stations dans l'incertitude. « Cela fait plusieurs années que les chercheurs alertent sur les évolutions qui vont devoir être conduites », note Emeline Hatt, maître de conférences rattachée à la chaire Sociétés civiles, transitions urbaines et territoriales en Méditerranée d'Aix-Marseille Université.
Et pour cause, s'additionnant à la raison du changement climatique qui questionne la ressource incertaine en neige, la maîtresse de conférences analyse un changement plus global qui fragilise les stations : « Nous assistons à une évolution de la clientèle touristique qui favorise désormais un tourisme plus durable et avec une plus forte éthique ». Cette transformation du tourisme hivernal s'accompagne d'un changement de mentalité : « 15% à 50% des touristes, en fonction des stations, ne skient pas », contrairement aux années 70 où le ski prédominait, et les voyageurs sont davantage à la recherche de confort.
« Les stations n'ont plus de modèle économique pérenne », déplore Jean-Luc Boch, président de l'Association nationale des maires des stations de montagnes (ANMSM), « les périodes de froid sont de moins en moins longues, et il y a de grandes disparités entre les stations ». Car en fonction de l'altitude, du versant sur lesquels sont implantées les stations et de l'orientation des pistes, les diagnostics divergent. « Les stations de très basses et de basses altitudes vont être appelées à changer de modèle : elles n'ont pas le choix ».