Football : Jean Butez, gardien de Côme, bientôt appelé chez les Bleus ?

Jean Butez, face à l'Inter Milan, le 6 décembre 2025.
LTD/AFP - STEFANO RELLANDINI

Jean Butez, face à l'Inter Milan, le 6 décembre 2025.
LTD/AFP - STEFANO RELLANDINI
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Il est bien possible que Didier Deschamps se soit informé de la prononciation correcte du nom de Jean Butez. Car il pourrait le citer, jeudi, parmi les joueurs retenus pour les matchs amicaux de l’équipe de France contre le Brésil et la Colombie, les 26 et 29 mars, aux États-Unis. Le mois dernier, Franck Raviot a assisté au match de Serie A entre l’AC Milan et Côme, et le responsable des gardiens tricolores ne s’est pas uniquement déplacé pour prendre des nouvelles de Mike Maignan.
S’il ne rejouait plus avec le PSG d’ici à la Coupe du monde, Lucas Chevalier ne serait pas du voyage. Le staff tricolore a donc anticipé la recherche d'un troisième gardien. Dans quatre jours, son anonymat pourrait appartenir au passé. Étincelant pour sa deuxième saison avec Côme, qui vise désormais une qualification directe pour la Ligue des champions, Jean Butez s’est rabattu sur la voie royale après avoir emprunté longuement un itinéraire bis.
Formé à Lille, où il a côtoyé Maignan, mais cantonné à la réserve, il a traversé la frontière en 2017, pour Mouscron. « Il avait déjà ce rêve intime d’équipe de France, un peu utopique », se souvient le journaliste Simon Hamoir, qui l’a interviewé plusieurs fois pour La Dernière Heure. Au bout de trois ans, sa progression « linéaire » l’a conduit à Anvers, où il est devenu l’un des meilleurs spécialistes d’un championnat qu’il juge sous-coté.
Les internationaux français qui se sont révélés en Belgique sont rares : Jean-Pierre Papin à Bruges (1985-1986) bien sûr, Michaël Ciani à Charleroi (2003-2004) et Eliaquim Mangala au Standard de Liège (2008-2011)… Un exercice 2023 « inoubliable », triplé national à la clé, a commencé à changer la donne. Puis la campagne de Ligue des champions qui a suivi, à la faveur d’une victoire 3-2 contre Barcelone.
Jean Butez séduit alors Lens mais le transfert échoue. Côme, à la recherche d’un numéro un à l’aise techniquement et capable de relancer au pied, saute sur l’occasion pour environ 2 millions d’euros en janvier 2025. Dans le nord de l’Italie, l’adaptation est rapide. Ses parents y ont vécu plusieurs années. Mark van Bommel, qui a passé un an chez les Rossoneri et l’a coaché à Anvers, lui a aussi vanté la région. Le Nordiste se classe parmi les meilleurs d’Europe au nombre d’arrêts et Côme se maintient aisément avec la 11e défense. Le Français prend de l’épaisseur.
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« Assumer des situations de pressing un-contre-un n’est pas facile pour un gardien », admire l’entraîneur Cesc Fàbregas. Entre les matchs, Jean Butez fréquente son ami Benjamin Pavard, alors à l’Inter Milan. Il croise parfois Maignan à la sortie de l’école de leurs enfants. Il paraît que le gardien milanais a été le premier à évoquer une possible sélection avec les Bleus. Une simple politesse, a pensé l’ancien réserviste lillois.
Fin 2025, il n’avait jamais été préconvoqué, à moins qu’on ne l’en ait pas informé. Didier Deschamps et ses adjoints ont pu se renseigner discrètement auprès de deux champions du monde appréciés sur les rives du lac de Côme : Thierry Henry, actionnaire du club lombard, et Raphaël Varane, ambassadeur. Il est vrai que le tour des gardiens sélectionnables, hors Ligue 1, est vite fait : quatre seulement ont joué dans un grand championnat cette saison. Benjamin Lecomte (Fulham) n’a plus été retenu depuis 2019 ; Alphonse Areola a perdu sa place à West Ham. Comme Lucas Chevalier au PSG donc.
L’action Butez a grimpé sans qu’il s’en aperçoive : « Les Bleus ? Si vous m’aviez posé la question il y a six mois, ce n’était même pas un sujet », a-t-il assuré début février à L’Équipe. Alors qu’il fait tout pour : 13 clean sheets en 28 matchs de championnat. Le formateur lillois Jean-Michel Vandamme juge « extrêmement méritant » ce travailleur « acharné » et croise les doigts pour son ancien élève : « Il est temps qu’on lui donne sa chance. »
S’il était préféré à Robin Risser, impeccable portier de Lens et des Espoirs, Jean Butez pourrait vivre de prochains mois en accéléré et entrer dans un cercle très restreint de débutants trentenaires. Parmi eux, les gardiens Albert Rust et Lionel Charbonnier ont participé à une Coupe du monde (1986 et 1998). Le prochain rassemblement sera le dernier avant l’annonce de la liste pour l’Amérique. Jean Butez fêtera ses 31 ans le 8 juin, huit jours avant le premier match des Bleus contre le Sénégal.
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