Malgré la demie de l’Euro et la qualification pour les quarts de la Ligue des nations, la France a traversé 2024 sans donner une once d’émotion. L’enjeu contre l’Italie ce soir : ne pas rester sur cette mauvaise impression.Finir premier, finir deuxième : franchement, au bout d'un exercice où même les retraites internationales d'Olivier Giroud et d'Antoine Griezmann ont été stériles en émois, le récit se joue ailleurs que dans les conséquences du classement du groupe en Ligue des nations ; en gros, les quarts seront plus ou moins confortables (tirage au sort le 13 décembre).
Ce soir à Milan (TF1, 20h45), où les Bleus doivent s'imposer par deux buts pour doubler une Italie en pleine confiance, l'enjeu sera de bien terminer l'année. Basique, dit comme ça, mais un nouveau faux pas la ferait peut-être basculer au rang de pire millésime sous Didier Deschamps, au moment où beaucoup ne peuvent plus l'encadrer, négligeant sa trace et sa capacité à rebondir.
Le paradoxe fait qu'avant son mandat, démarré en 2012, une année ponctuée d'une demi-finale d'Euro aurait suffi à la classer avec bienveillance. Mais depuis, il y a eu un titre mondial (2018) et deux finales (2016 et 2022). Sa réussite a relevé l'exigence. Et par-delà le point de chute conforme aux objectifs en Allemagne cet été, le tournoi n'a eu aucun relief. La France partage la monotonie avec toutes les autres grandes nations - sauf l'Espagne - mais tous les sélectionneurs n'ont pas proposé de « regarder autre chose » si on n'était pas content. Et le pays s'est ensuite embrasé pour ses Jeux et ses Para.
L'inefficacité a été la trame de l'Euro (4 buts en 6 matchs) mais surtout celle de 2024. Jeudi contre Israël, devant 16611 personnes et 4,95 millions de téléspectateurs, la France a concédé son quatrième 0-0 de l'année, ce qui n'était plus arrivé depuis vingt ans.