Didier Deschamps et l'Équipe de France sous pression : c'est une rengaine et il y a quelque chose de logique quand le mandat s'étire sur près de treize ans. Le sélectionneur a souvent navigué en zone de turbulences et a toujours cultivé l'art du rebond, même quand le trou semblait profond. Après le raté de l'Euro 2021, par exemple.
La dernière fois n'est pas si lointaine : en septembre, dans le prolongement d'un Euro 2024 monotone qui avait conduit à s'interroger sur la suite, les Bleus avaient commencé leur campagne de Ligue des nations par une claque au Parc des Princes contre l'Italie (1-3) : quatre victoires et un nul ont suivi, dont la revanche à Milan (3 à 1). Il restait sur cette bonne note avant la bouillie de Split (2-0), jeudi, qui n'offre que deux options ce soir contre la Croatie (20h45, TF1) : l'exploit ou la sortie de route.
Le score a fait remonter à la surface les souvenirs du barrage de 2013 contre l'Ukraine, conclu dans la furia du Stade de France (3-0) après une défaite 0 à 2 à Kiev quatre jours plus tôt. Les deux séquences de matchs aller-retour à élimination directe de l'ère Deschamps vont-elles suivre le même scénario ? Le technicien basque apprécie la « belle image », car cet épisode a été crucial dans son histoire avec la sélection.
Sans cela, son bilan afficherait 18 rencontres, avec 33 % de défaites. Il en a ajouté 147 depuis et n'a cessé de répéter que rien n'aurait existé sinon, ni le titre mondial de 2018 ni les deux finales perdues (2016 et 2022). Mais il sait aussi que le contexte n'a rien à voir. À l'époque, c'était le début d'une aventure avec une Coupe du monde au Brésil dans la balance. Il y avait l'urgence, il y avait la fièvre, il y avait Knysna dans le rétro.