Un travail long et minutieux sur le matériel a été nécessaire pour créer les conditions du succès. Dans l’ombre, les techniciens forment une autre « dream team ».La photo de groupe aura de l’allure. Huit des douze biathlètes sélectionnés pour la quinzaine olympique ont remporté au moins une médaille. Derrière cette dream team à la parité parfaite, une autre a reçu moins de lumière, alors que son travail crée les conditions de la performance. Huit hommes choisis par le responsable de la cellule technique, Grégoire Deschamps, pour leur connaissance précise des skis et du fartage.
Ce mot, entré dans le langage courant par la voix de Jean Dujardin dans le film Brice de Nice, regroupe les techniques qui permettent d’améliorer le déplacement d’un ski sur la neige. Une sorte d’aquaplaning maîtrisé. Les athlètes savent ce qu’ils doivent à ces techniciens mobilisés sur les JO depuis plus d’un an, qu’ils remercient chaleureusement dès qu’un micro se tend.
Leur mission prioritaire : avant une course, sélectionner par élimination la meilleure paire de skis parmi la dizaine à disposition. Un choix déterminant car définitif – seul un ski cassé peut être remplacé après le départ. « Si tu pars dans une galère, tu y restes jusqu’au bout », grimace Gilles Marguet, technicien en première ligne aux Jeux de Turin (2006) puis de Vancouver (2010). À distance, cette fois, il a vite remarqué que les Français avaient « du très bon matériel, parfois même au-dessus des meilleurs ».
La Fédération française de ski a investi lourdement au retour de Nagano où, en 1998, la glisse catastrophique avait noyé les ambitions. Camion de fartage, ateliers ambulants, semi-remorque…, les équipements évoquent la formule 1 ou le cyclisme. À raison : la glisse des skis équivaut à l’adhérence des pneumatiques.