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Main bandée chez les footballeurs : entre superstition et effet de mode, d'où vient ce drôle de phénomène ?

Photo de Solen Cherrier

Solen Cherrier

Publié le 29 septembre 2025 à 07:30

Les joueurs du FC Barcelone, Lamine Yamal et Raphinha, entourés de Robert Lewandowski, arborent un bandage à leur poignet.

Les joueurs du FC Barcelone, Lamine Yamal et Raphinha, entourés de Robert Lewandowski, arborent un bandage à leur poignet.

LTD/Matthieu Mirville/ZUMA Press Wire/Reuters

La Tribune Dimanche

N146 ● 19 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Lors de la 5e et dernière journée de Ligue 1, pas moins d'une vingtaine de joueurs portaient un strap qui recouvraient leur poignet. Mais pourquoi tant de joueurs arborent un bandage à la main ? Explications.

À ce niveau-là, c’est vraiment pas de chance. Lors de la 5e journée de Ligue 1 le week-end dernier, une bonne vingtaine de joueurs portaient un strap recouvrant le poignet et une partie de la main en enveloppant le pouce, comme s’ils se remettaient d’une entorse. Ce type de bandage n’est pas nouveau sur les terrains de foot, mais dans de telles proportions, cela interpelle. Ces derniers mois, ils fleurissent partout, pas uniquement ici. Une épidémie qui n’inspire rien à la direction médicale de la Fédération (FFF) dans la mesure où, justement, elle n’a « rien de médical ».

« C’est juste pour le style », confirme un joueur de l’équipe de France. Effet de mode et placebo, comme les chaussettes artistiquement trouées aux mollets, censées libérer la tension ? Médecin du Real Madrid jusqu’en 2023, Niko Mihic a trouvé l’explication légère et a sorti l’artillerie lourde au printemps, évoquant de manière à peine voilée des pratiques dopantes.

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Une théorie guère étayée, et rejetée par les professionnels que nous avons contactés, mais qui a fait causer car de nombreux joueurs du FC Barcelone jouaient alors avec d’intrigants appendices : Lamine Yamal, Robert Lewandowski, Frenkie de Jong ou encore Raphinha.

L’effet rigide ne dure pas

L’ailier brésilien, qui utilise un bandage mixte (mi-rigide, mi-souple), aurait commencé à porter le sien après une blessure en sélection. Son historique médical n’indique rien d’aussi méchant que la fracture du petit doigt subie par Karim Benzema en 2019. Pour éviter une absence longue durée, l’attaquant français avait alors bandé sa main droite. Il n’a jamais arrêté de jouer ainsi. Cela fait même depuis partie de l’imagerie du Ballon d’or 2022. C’est aussi après une fracture que Willian Pacho, le défenseur équatorien du PSG, a commencé à se produire avec un bandage. Un jour, il a marqué et il y a vu un signe. Pour son confort mental, il a continué.

L’attaquant brésilien Gabriel Barbosa a même poussé la superstition jusqu’à demander que ce soit toujours la même personne du staff médical qui lui fasse le bandage. « Pour les joueurs qui ont subi une entorse, la stabilisation articulaire a un intérêt à leur retour, estime Maxime Feller, de l’Institut monégasque de médecine et chirurgie du sport. Mais les joueurs s’habituent et sont rassurés. Il leur est ensuite difficile de revenir en arrière alors qu’on veut plutôt éviter qu’ils s’y accoutument. Derrière tout ça, il y a un côté rituel, très psychologique et esthétique. »

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Raphinha a le chic pour accorder la couleur de son strap à celle de son maillot. Tout comme le milieu havrais Abdoulaye Touré dimanche dernier contre Lorient au stade Océane. Coquetterie ou prévention, l’utilité reste à démontrer. « L’effet rigide dure vingt minutes, donc le gain mécanique est très limité, éclaire Maxime Feller. L’intérêt, c’est le rappel proprioceptif : ça indique à l’articulation qu’il y a une protection et le cerveau fait attention. » 

Solen Cherrier

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