Dunkerque : le projet d’usine d’hydrogène vert d’H2V reste à l’arrêt

Dunkerque : le projet d’usine d’hydrogène vert d’H2V reste à l’arrêt
BELPRESS/MAXPPP - FLEMAL - Jean-Luc Flémal

Dunkerque : le projet d’usine d’hydrogène vert d’H2V reste à l’arrêt
BELPRESS/MAXPPP - FLEMAL - Jean-Luc Flémal
Le projet devait incarner la montée en puissance de l’hydrogène bas carbone dans le Dunkerquois, territoire clé des ambitions nationales de transition énergétique. Lorsqu’H2V avait dévoilé son intention d’implanter une usine capable de produire jusqu’à 100 MW d’hydrogène vert, la perspective semblait alignée avec les besoins locaux : le bassin dunkerquois concentre à lui seul une part majeure des émissions industrielles françaises, ce qui en fait un terrain stratégique pour tester de nouveaux leviers de décarbonation.
Mais depuis plusieurs années, le dossier peine à se concrétiser. Après un premier report annoncé en 2024, H2V espérait pouvoir relancer la machine. Le départ d’ArcelorMittal, qui avait engagé un temps un partenariat autour du projet avant de suspendre son propre programme de décarbonation, a profondément fragilisé l’équilibre du dossier. L’usine, envisagée pour 2027 avec un investissement estimé à 250 millions d’euros, devait s’appuyer sur la consommation de ce partenaire majeur pour sécuriser son modèle économique.
Depuis ce retrait, H2V cherche un ou plusieurs industriels capables d’assurer des volumes d’achat suffisants. Les discussions menées avec différents acteurs n’ont pas permis de trouver un équivalent. Sans clients identifiés, impossible pour l’entreprise d’obtenir les soutiens publics prévus dans le cadre de la Stratégie nationale hydrogène, condition indispensable pour engager la construction du site prévu à Loon-Plage.
Pour l’heure, le groupe conserve son autorisation d’exploiter le terrain, renouvelée pour quatre ans, et affirme vouloir maintenir son implantation dans le Dunkerquois. Parmi les pistes envisagées, la production de carburants de synthèse pourrait constituer une nouvelle voie de développement, mais elle nécessiterait elle aussi des débouchés solides et clairement définis.
Alors que la région multiplie les projets liés à l’industrie bas carbone, l’impasse actuelle autour d’H2V souligne la difficulté de structurer une filière hydrogène encore balbutiante. À Dunkerque, l’avenir du projet reste suspendu à la capacité de l’entreprise à fédérer de nouveaux partenaires prêts à s’engager durablement dans la transition énergétique.
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