Quand l’architecture soutient la scène : AIA Life Designers, nouveau mécène associé des Célestins, Théâtre de Lyon

Théâtre des Célestins
Christophe Raynaud de Lage
PROPOSÉ PAR
La Tribune Now - Actualités et analyses

Théâtre des Célestins
Christophe Raynaud de Lage
Pour Delphine Beji, Présidente d’AIA Life Designers, ce mécénat n’est pas une opération de communication : « Nous, architectes, sommes parfois aujourd’hui pétris de réglementations, de normes, de complexités… Nous avons besoin de rester ouverts et curieux aux autres formes de création pour nous en nourrir ». Soutenir les Célestins, institution emblématique de la Ville de Lyon dirigée par Pierre-Yves Lenoir, est ainsi devenu une façon de réintroduire du sensible et du récit dans un métier très technique. Le choix de soutenir la création théâtrale et plus particulièrement Monarques s’est imposé naturellement : la pièce croise la migration en voie de disparition des papillons monarques et celle, bien réelle, des migrants qui empruntent « la Bestia », immense train traversant le Mexique. « La pièce nous a touchés parce qu’elle porte au cœur la thématique de l’environnement, mais aussi celle du vivant et des vulnérabilités », explique Delphine Beji « Ce croisement résonne avec nos engagements Vivre ensemble, comprendre les parcours de vie, les intégrer à la conception, c'est cela que nous regardons aussi dans le message du spectacle. » De son côté, Emmanuel Meirieu raconte que la genèse du spectacle est née d’une double découverte : celle d’un acteur parapentiste, et celle de ce papillon capable de parcourir 5 000 kilomètres malgré ses 0,5 gramme. « J’ai voulu raconter le déclin de ces papillons en suivant leur migration », dit-il. « Et j’ai découvert que leur couloir migratoire était traversé, dans l’autre sens, par des êtres humains tentant de franchir la frontière américaine. »
La scénographie du spectacle reproduction à l’échelle réelle de trois wagons de la Bestia constitue un point de rencontre évident entre les deux univers. Pour Emmanuel Meirieu, concevoir un décor revient toujours à « créer un petit monde qu’on fait tenir sur une scène », un geste fondateur de son travail. Du côté d’AIA Life Designers, cette approche trouve un écho naturel. Les architectes, pensent en termes d’espace, d’expérience et de perception : organiser des volumes, guider un regard, structurer un récit. Delphine Beji résume ce lien : « Architectes et scénographes partagent la même logique : penser l’espace, imaginer ce qu’il fera vivre, et orienter le regard. » Dans cet esprit, l’agence a la possibilité, en tant que mécène associé, de faire du spectacle un moment partagé, avec une venue collective au théâtre suivie d’un échange privilégié entre ses invités et Emmanuel Meirieu. Cette rencontre, sans aucune attente de retour, s’inscrit dans la volonté d’AIA Life Designers d’inspirer ses équipes par d’autres formes de création. La démarche reflète également une conviction forte : le rôle de toutes les entreprises dans le soutien à la vie culturelle, à un moment où les institutions sont fragilisées. Pour Delphine Beji accompagner la création en tant que mécène associé de la Fondation des Célestins, Théâtre de Lyon participe pleinement de la responsabilité des acteurs privés. Emmanuel Meirieu accueille ce partenariat avec intérêt, y voyant la possibilité d’un dialogue sensible entre deux professions qui, chacune à leur manière, modèlent des espaces et des perceptions. « On travaille tous sur des points de vue. Ce qu’on choisit de montrer, ce qu’on occulte, la manière dont on fait circuler le regard… C’est une question qui nous relie profondément. »
En soutenant Monarques, AIA Life Designers illustre la manière dont le mécénat peut transformer durablement la relation entre une entreprise et son territoire culturel. Le geste dépasse largement la seule production d’un spectacle : il crée des ponts inattendus entre disciplines, nourrit la créativité des équipes et ouvre, pour le monde économique, un espace de réflexion qui échappe au quotidien des contraintes. Cette dynamique agit souvent comme un cercle vertueux : les entreprises mécènes deviennent à leur tour ambassadrices, capables d’entraîner leurs pairs. Delphine Beji elle-même raconte avoir été touchée en tant que spectatrice lors de spectacles précédents, avant de vouloir partager cette expérience avec ses collaborateurs et son réseau. Aujourd’hui, elle est également membre du Comité exécutif de la Fondation Les Célestins, Théâtre de Lyon afin de contribuer au développement du mécénat et du nombre d’entreprises mécènes du Théâtre ! Une preuve que le mécénat repose autant sur la conviction que sur la contagion de l’enthousiasme. Et que lorsque des univers éloignés se rencontrent, c’est bien souvent l’imagination collective qui s’en trouve élargie — au bénéfice de tous et toutes.
Plus d’infos sur la Fondation Les Célestins, Théâtre de Lyon : [email protected]