Hydrogène : la filière alerte sur le retard français
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Le Forum Hydrogène Business for Climate, ce jeudi, à Belfort.
Amandine Ibled
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Le Forum Hydrogène Business for Climate, ce jeudi, à Belfort.
Amandine Ibled
La cinquième édition du Forum Hydrogène Business for Climate - qui a réuni 350 participants, et 37 exposants - a confirmé la vitalité de l’écosystème régional, en Bourgogne-Franche-Comté, mais l’inquiétude a dominé les échanges : la France avance trop lentement. « Nous avons ici 25 ans de recherche, des industriels engagés, une coopération transfrontalière solide. Mais l’État n’a pas fixé une feuille de route stable », regrette Damien Meslot, le président du Grand Belfort, rappelant les retards des mécanismes de soutien attendus depuis 2021.
Les projets européens — H2Excellence, Green SKHy ou l’initiative trinationale 3H2 — avancent, mais pour ces professionnels, l’écart se creuse face à des pays plus offensifs. « La Chine a d’ores et déjà annoncé qu’elle accélérera sur l’hydrogène dans son prochain plan quinquennal. Et l’Europe est en train de décrocher », avertit Philippe Boucly, président de France Hydrogène.
Dans un marché français ralenti et marqué par un manque de visibilité, les entreprises de l’hydrogène s’adaptent tant bien que mal pour maintenir leur dynamique. À Belfort, H2SYS illustre cette résilience : pionnière des groupes électrogènes hydrogène, la PME a lancé un mât d’éclairage décarboné et un 4×4 intégrant un générateur déployable en quelques minutes, déjà repérés par le ministère des Armées et Enedis, tout en assumant un virage vers l’export pour compenser la faiblesse de la demande nationale. « L’export nous aide à passer le creux de commandes en France et en Europe », souligne son président, Sébastien Faivre. L’entreprise a dû réduire légèrement ses effectifs, passant de 20 à 15 au cours de l’année, et accroître ses efforts de prospection internationale, du Royaume-Uni au Maroc en passant par le Canada.
Mais la prudence gagne du terrain. « Depuis trois ans, la dynamique s’est affaiblie. Il n’y a pas eu de décollage industriel et les signaux envoyés par Alstom ou Stellantis ne sont pas bons », confie Christophe Languenou, responsable commercial grands comptes de l’équipementier AKG, spécialisé dans le refroidissement de piles à combustible. Le groupe, qui pèse 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, avait pourtant fait de l’hydrogène un axe de diversification stratégique : « Si l’État ne crée pas des infrastructures et ne pousse pas la filière, comme en Chine, nous perdrons l’avance technologique que nous avions. Les start-up finiront rachetées par les Américains ou les Asiatiques. »
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