Selon la dernière enquête de la BCE, 7 % des banques ont resserré leurs critères pour les prêts aux entreprises et 9 % pour les prêts au logement au deuxième trimestre 2026, sous l’effet du conflit américano-israélien contre l’Iran ; et les établissements anticipent un nouveau tour de vis d’ici à fin septembre.
Pour les entreprises comme pour les ménages, obtenir un prêt est devenu plus compliqué qu’il y a quelques mois. C’est ce qu’indique la dernière enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne (BCE), publiée ce mardi 21 juillet.
Au deuxième trimestre 2026, les banques ont restreint l’accès au crédit, principalement par crainte de l’instabilité géopolitique.
Pour les entreprises, des besoins non couverts
Le tour de vis aux entreprises se révèle moindre au deuxième trimestre qu’au premier, après trois trimestres consécutifs de hausse. 7 % des banques ont rapporté un resserrement net modéré des critères d’octroi de crédit entre avril et juillet, contre 10 % au trimestre précédent.
Ce niveau demeure toutefois bien au-dessus de la moyenne observée depuis 2014 (3 %).
Ces restrictions s’expliquent. Le conflit au Moyen-Orient, démarré fin février suite à l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, se poursuit. Il fait planer un risque élevé sur les perspectives économiques. Prudentes, les banques affichent une forte aversion au risque dans leurs financements.
Cette situation nuit aux entreprises, plus nombreuses à solliciter un prêt au deuxième trimestre. Elles cherchent surtout à financer leur fonds de roulement et leurs stocks. Ce qui « reflète des besoins de liquidités supplémentaires découlant de la progression des coûts des intrants et de l’allongement des délais de livraison, conformément aux évolutions observées au premier trimestre », indique la BCE. Dans le même temps, les banques ont rejeté une plus grande proportion de dossiers.
La situation ne devrait pas s’arranger tout de suite. « Pour le troisième trimestre 2026, les banques s’attendent à un durcissement supplémentaire des critères d’octroi de crédit dans toutes les catégories de prêts », a déclaré la banque centrale.
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Pour les ménages, une demande en berne
Les ménages subissent aussi cette frilosité bancaire, particulièrement pour les prêts au logement. La situation s’est nettement détériorée entre le premier et le deuxième trimestre. 9 % des banques ont durci leurs critères d’octroi pour ce type de prêt, contre 2 % au trimestre précédent.
Si la situation s’est améliorée pour les prêts à la consommation, le durcissement reste très élevé (12 %, -3 points par rapport au premier trimestre). Il poursuit une hausse continue engagée depuis mi-2022.
Outre l’instabilité géopolitique, les difficultés du marché du logement et la baisse de solvabilité des emprunteurs pèsent lourdement.
De leur côté, les ménages demandent moins de prêts immobiliers. Ce recul s’explique par la baisse de confiance des consommateurs, l’évolution des taux d’intérêt et l’assombrissement du marché immobilier. Cette baisse de la demande évite des refus supplémentaires, alors que les banques durcissent leurs dossiers.
La situation est similaire pour les prêts à la consommation : la demande baisse face à la baisse de confiance des ménages, la faiblesse des dépenses et la hausse des taux, tandis que les rejets bancaires augmentent.
Pour le troisième trimestre 2026, les banques devraient assouplir les critères d’octroi des prêts au logement, mais maintenir la pression sur ceux de la consommation, estime la BCE.