À la fin 2026, le site de Gron, dans l’Yonne, va transférer des milliers de conteneurs du fleuve vers le rail, en connexion directe avec les grands ports européens.C’est dans un contexte de bilan 2025 jugé « très positif » et d’accélération massive des investissements en 2026 que SNCF Réseau a officialisé, début février, la concrétisation du projet de Gron. En Bourgogne-Franche-Comté, près de 300 millions d’euros seront investis dès cette année, notamment sur l’axe stratégique Paris-Lyon-Marseille (PLM), où le fret représente déjà plus de 40 % des circulations.
Au-delà des grands chantiers de régénération ferroviaire, SNCF Réseau a mis en lumière ce projet qui a été initié il y a 15 ans : la transformation du port de Gron en plateforme logistique combinée, connectée au réseau ferré national. Porté par LogiYonne, avec le soutien de l’État et de la Région dans le cadre du Contrat de Plan Etat Région (CPER 2023-2027), l’investissement total atteint 6 millions d’euros, dont 4 millions privés.
Objectif : faire basculer vers le rail des flux aujourd’hui massivement routiers, notamment des conteneurs alimentaires en provenance de Rotterdam ou du Havre. « On parle de 160 camions par semaine qui, dès le démarrage, quitteront la route pour le ferroviaire », explique Didier Mercey, président de LogiYonne. « C’est très concret : l’usine desservie est à moins de 15 kilomètres du port. Sur un trajet Rotterdam-Yonne, la route ne représentera plus qu’un dernier kilomètre », souligne-t-il.
Gron, nouveau maillon d’une logistique européenne décarbonée
À terme, la plateforme de Gron vise 20 000 conteneurs par an dès la mise en service, puis jusqu’à 45 000 en régime de croisière, avec deux à cinq trains hebdomadaires. Connecté directement à la ligne PLM, le site pourra irriguer aussi bien les ports de Rotterdam, du Havre que de Marseille, redistribuant les flux loin des zones saturées d’Île-de-France. « Nous sommes à 110 kilomètres de Paris, en troisième couronne logistique. Ici, il n’y a pas la congestion francilienne », souligne Didier Mercey. « C’est ce qui change la donne : la fluidité, la fiabilité, et la capacité à massifier », poursuit-il.